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Friday, May 17, 2013

Jeudi Veggie



Certains d'entre vous ont peut être remarqué que mon régime alimentaire avait changé depuis mon départ de France il y a 10 ans. En effet de résolument carnivore et accroc aux plats cuisinés, je suis devenue sensible au régime végétarien, accroc au bio absolument réfractaire aux plats cuisinés... J'évite souvent d'aborder le sujet pour éviter d'être taxée de prosélytisme, mais je me suis dis qu'une petite explication s'imposait...

Tout d'abord la viande. Comme beaucoup d'entre nous, je mangeais de la viande tous les jours deux fois par jour, voire trois fois les jours de petit dej à l'anglaise avec oeufs au bacon. Désormais, j'essaie de n'en manger qu'une à deux fois par semaine, et exclusivement de la viande bio. Je ne vais pas m'éterniser trop longtemps sur la partie "bien être animal" qui est évidemment une de mes raisons et que tout le monde connait mais que personne ne veut entendre. Je vous passerai donc les histoires d'horreur sur la façon dont les animaux sont traités et abattus, mais je voulais quand même faire une remarque. L'industrie agroalimentaire de la viande, en plus de réaliser l'exploit de produire suffisamment de viande pour nourrir XXX millions d'occidentaux qui mangent de la viande midi et soir à un prix défiant toute concurrence, a surtout réussi à nous faire oublier que nous mangeons des animaux. En effet désormais quand on achète nos tranches de jambon, on achète plus du cochon. Le jambon est devenu un produit au même titre que la crème anti-ride et on a complètement oublié l'animal dont le jambon est issu. Et si par malheur on s'en souvenait, l'emballage brillant et orné d'une belle photo de la ferme idéale nous le fera oublier bien vite...

La façon dont on traite les animaux n'est pas malheureusement le seul problème dans cette industrie. Les humains ne sont pas tellement mieux traités. En effet, le travail en abattoir et en usine d'emballage de la viande est l'un des emplois les plus dangereux. Les employés travaillent à la chaine et répètent toute la journée le même geste. Quoi de dangereux là dedans me direz-vous ? Ils sont armés de couteaux et de hachoirs. Et ils sont poussés à augmenter la cadence autant que possible. Les accidents sont très courants, et souvent graves. Le taux de dépression est également très élevé en partie à cause de la violence quotidienne dont ils sont témoins. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, ils sont souvent mal payés car travaillant illégalement. C'est très souvent le cas aux Etats Unis où les entreprises utilisent des sud-américains entrés dans le pays illégalement et qu'ils paient à moindre coût, mais aussi, comme je viens de l'apprendre, en Allemagne, d'où la majeure partie de la production européenne de porc provient. L'Allemagne n'a en effet pas de salaire minimum, et s'ils ne sont pas illégaux, les salariés de ces entreprises, souvent des immigrés venant de pays de l'est, sont payés 3 à 3.5€ de l'heure.

Vient ensuite le problème de la santé. On a tous en mémoire la crise de la vache folle, la grippe aviaire et autres catastrophes alimentaires qui semblent être de plus en plus courantes. Au delà de ces cas extrèmes, il existe des problèmes moins graves mais beaucoup plus courants. Tout d'abord comme l'ont montrés de récentes affaires, l'hygiène dans les abattoirs est souvent douteuse. Je ne vais pas rentrer dans les détails, je remets juste un extrait d'un article paru dans le point en 2008 (la situation n'a malheureusement pas vraiment évolué depuis...) : "Un quart de la viande que nous avalons est issue d’abattoirs qui ne respectent pas les règles d’hygiène européennes. C’est le constat qui ressort d’une note de service de la Direction générale de l’alimentation (DGAl), datée du 21 novembre 2007. Selon ce document à usage interne que Le Point a pu se procurer, 42 % des établissements où l’on abat veaux, vaches, cochons... et 46 % des abattoirs de volailles et de lapins sont hors la loi au regard des normes d’hygiène européennes.

Fâcheux quand on sait que la moindre entorse aux règles d’hygiène peut transformer un morceau de viande en bombe biologique. Il y a un mois, Carrefour et Monoprix ont ainsi dû rappeler plus de 2,5 tonnes de steaks hachés qui avaient été contaminés dans un abattoir par l’ Escherichia coli , une bactérie d’origine fécale. Il suffit d’un mauvais geste lors de l’éviscération de l’animal pour que ce germe, vecteur de gastro-entérites et de graves infections rénales, souille la viande. Deux autres ennemis bactériens sont en embuscade : Campylobacter , qui refile des gastro-entérites carabinées, et Salmonella , la bactérie responsable des fameuses salmonelloses. Outre les intestins, l’autre cheval de Troie sont les plumes ou les poils souillés. Selon l’Institut de l’élevage, un quart des bovins entrant dans les abattoirs sont couverts de boue et de bouses. " Je ne vous rappelerai pas les récents incidents de la viande de cheval et de la contamination chez Ikéa pour vous prouver que rien n'a vraiment changé...
Un autre problème qui se pose est que les conditions d'élevage obligent les éleveurs à médicamenter les animaux. En effet, les bêtes sont entassées dans des hangars sans lumière et sans espace pour circuler, ce qui provoque des atrophies musculaires et dans le cas de maladies, une contagion énorme. Pour remédier à ces problèmes, les "éleveurs" donnent aux animaux des doses massives d'antibiotiques de façon préventive. Ces antibiotiques se retrouvent invariablement dans nos assiettes et contribuent à rendre nos corps plus résistants aux antibiotiques dont nous avons réellement besoin. Enfin, il y a la question des hormones de croissance, qui causeraient des problèmes hormonaux chez les humains et dont on est pas très surs des effets à long terme. Pour l'instant, celles-ci sont interdites d'utilisation par la communauté européenne et les pays importateurs doivent se tenir à cette interdiction, mais les pays les utilisant font un forcing énorme pour contourner cette interdiction et ils pourraient bien à terme gagner la bataille.

Enfin, il y a le problème écologique. L'élevage d'animaux pour la production de viande est d'une part extrèmement gourmand en ressources mais également extrèmement polluant.

Effet de serre selon l'alimentation

L'élevage du bétail demande une surface de terre énorme comparée à la culture des légumes et céréales. Il faut savoir que 33% des terres cultivables de la planète sont utilisées à produire l’alimentation des animaux d’élevage ; 26% de la surface des terres émergées non couvertes par les glaces est employée pour le pâturage. Au total, ce sont 70% des terres à usage agricole qui, directement ou indirectement, sont consacrées à l’élevage et 35,5% du volume des céréales produites dans le monde qui servent à nourrir les animaux d’élevage [source: www.viande.info]. Quand on sait qu'il y a 925 millions de personnes malnourries dans le monde, on constate qu'il y a un problème. On notera également que si on les nourrit avec des céréales, les animaus ingèrent en moyenne 7 kcal pour en restituer une sous forme de viande (3 kcal pour les poulets, 16 kcal pour les bovins). C'est pour le moins contreproductif....

En ce qui concerne l'eau, c'est tout aussi alarmant, mais je crois que souvent un schéma vaut bien un long discours :

Effet de serre selon l'alimentation

Enfin si l'on considère la production de la viande depuis l'élevage jusqu'à l'arrivée du steack dans nos assiettes, l'industrie de la viande est la plus grande source sectorielle de pollution de l'eau : principalement les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fourragères.

Voilà donc un joli panel de raisons qui me poussent à ne plus manger de viande quotidiennement, et surtout à éviter la viande produite industriellement, au profit de la viande bio ou au moins Label Rouge ou fermière.

Sans affirmer que nous devrions tous devenir végétariens demain (quoique), je pense qu'il serait bon de revoir notre consommation de viande à la baisse et de réfléchir aux moyens de production de ladite viande. Il existe un mouvement qui commence à se développer, le meatless Monday en anglais ou Jeudi Veggie en France qui encourage à ne pas manger de viande un jour par semaine, pour toutes les raisons que j'ai citées précédemment. L'initiative a même été suivie par certaines écoles dans l'état de NY dans certains autres états, dont la Californie, et les écoles de Bordeaux proposent un menu végétarien une fois par mois, alors pouquoi pas vous ? ;-)

Voilà, finie la propagande pour aujourd'hui, mais je vous prépare très vite la suite... Au prochain numéro, les pesticides et les OGMs... Miam !!

PS: en attendant la suite, si certains veulent en savoir plus, le vous recommande les films suivants :
- Nos enfants nous accuseront
- Food, Inc,
- Forks over knives
- Fast food Nation
- We feed the world
Ca c'est juste pour commencer...

Thursday, November 22, 2012

De Salzbourg à Rupt sur Moselle

Après notre séjour Franc-comtois, nous avons profité d'être dans l'est de la France pour aller faire un petit détour par l'Allemagne et l'Autriche pour rendre visite à deux couples d'amis avec qui nous travaillions en Thaïlande et qui, comme nous, on abandonné le climat thai, la plage, le sable fin pour les rudesses de l'hiver européen. Nous passons tout d'abord quelques jours à Munich chez Marcel et Kathi, où, pour être honnête, nous ne faisons pas grand chose... Trop contents d'avoir une belle maison confortable avec accès à internet, nous passons nos après midi lovés dans le canapé avec nos ordis ou un bon bouquin, et nos soirées à papoter avec nos amis autour d'un bon verre de vin... Puis nous reprenons la route (il semble que nous passons plus de temps dans le voiture que n'importe où ailleurs ces temps-ci...) pour Salzbourg, où nous sommes accueillis comme des rois par Ally et Darren. Outre les apéros  dans les nombreux beergarten de la ville et les soirées barbecue sur leur balcon, nous sommes un peu plus actifs et profitons d'un passe de 2 jours pour aller visiter la maison de Mozart, le Chateau Hohensalzburg qui domine la ville, le jardin Mirabell et les jardins aquatiques du palace de Hellbrunn. Nous profitons également du fait que nos amis habitent juste à coté d'un sentier de rando pour aller courir plusieurs fois.

 




Sur la route du retour, nous nous arrêtons pour visiter le "Chateau de Walt Disney", le chateau de Neuschwanstein, enfin en tout cas l'extérieur du chateau puisque nous arrivons trop tard pour la dernière visite (3 heures d'attente pour la prochaine visite ! Entrée 10 euros, Parking 5 euros, et navette en plus !... Faut être motivé...).




Enfin, après de nombreuses heures de route, nous arrivons enfin, vers 21h, à notre nouvelle destination, Rupt sur Moselle, dans les Vosges. Cette fois ce n'est pas une ferme, mais une famille qui construit un gîte en utilisant des méthodes d'éco-construction. Malgré notre arrivée tardive, l'accueil est très chaleureux et Treacle et Laurent nous installent même dans leur propre chambre, qu'ils viennent juste de terminer, avec une magnifique vue sur la vallée, pour que nous puissions avoir plus d'intimité... Sympa !! Leur maison est magnifique, une vieille ferme vosgienne qu'ils sont en train de retaper, uniquement avec des matériaux naturels. Laurent aime travailler le bois et a construit pour sa maison toutes les étagères et rangements, mais aussi deux magnifiques escaliers (dont j'ai bien entendu oublié de faire des photos). Les journées sont assez relax, le matin j'aide Treacle aux fourneaux pendant que Rick aide Laurent pour les travaux du gite, parfois une longue balade avec le chien dans la forêt vosgienne qui nous entoure. L'après midi je fais un peu de jardinage ou j'aide les garçons pour la travaux. Nous passons là deux semaines super sympa où nous apprenons également plein de choses : pour ma part, quelques bases de cuisine, des bons trucs de jardinage, mais nous apprenons aussi à faire un badigeon à la chaux (pour peindre l'extérieur de votre maison), des murs et des enduis en chaux et chanvre, et également de la peinture faite maison ! Rick travaille également sur un toit végétal pour la terrasse du gîte. En échange de quoi, je leur montre ce que j'ai appris aux Costils sur la fabrication du fromage. Bref, quinze jours très enrichissants, et comme en plus Treacle est une coureuse et s'entraîne pour une course, elle nous pousse à courir plusieurs fois par semaines ! Que demande le peuple ?...






Thursday, November 15, 2012

Communauté hippie et fermes comtoises




Bon, définitivement, il n'y a assez d'heures dans une journée, de journées dans une semaine et de semaines dans un mois pour faire tout ce que je voudrais faire... La preuve, ça fait déjà quatre mois et demi (!!!) que je n'ai pas mis à jour mon blog. Si ça continue il faudra que ça cesse.

Bon, comme je vais pas faire un post de 5 pages pour vous raconter 4 mois de balades, je vais faire plusieurs petits articles, sinon je vais devoir y passer la nuit...

Bref, après avoir quitté Les Costils avec la promesse d'y retourner à la rentrée pour y travailler, nous avons repris la route pour continuer nos pérégrinations et notre tour de France, qui pour le coup va se limiter à la Normandie, l'est de la France et la Bretagne, faute de temps. Après quelques jours à Paris pour régler (encore) quelques paperasses administratives, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers la Haute Saône, où nous devons passer 2 semaines à la ferme Jean Lemoine. L'endroit est très beau, en pleine forêt de sapins à la limite des Vosges, la ferme elle même est un magnifique exemple de l'architecture typique du coin et le jardin est rempli de véhicules fantasmagoriques, roulottes aménagées en chambres d'amis, et même d'une volière où s'ébrouent un couple de paons, le tout à 5 minutes d'un magnifique lac presque privatif puisque personne d'autre n'habite à coté. La ferme a un élevage de chèvre et produit son propre fromage, ainsi qu'un potager et une serre. L'activité principale est la traite des chèvres, le matin, et le jardinage, un peu l'après midi. Entre temps, pas grand chose, la ferme a plutôt des allures de communauté baba que d'exploitation agricole. Sympa pour quelques jours, mais comme nous voulons aussi en apprendre un maximum sur l'agriculture bio, on est vite frustrés. De plus,  les proprios et les wwoofers qui se trouvent là sont tous allemands, ce qui fait que pour que Rick perfectionne son français, c'est pas gagné non plus... En revanche, ils sont tous très branchés musique et malgré le flop de la fête de la musique (à Lure, la fête de la musique, c’est pas énorme), nous passons une super soirée au festival Rencontres et Racines de Audincourt. Quelques bons groupes, 3 scènes en alternance, pas trop de monde, entrée peu chère et super organisation... et des buvettes avec des gobelets consignés donc une fin de soirée sans tous les gobelets qui trainent partout et avec beaucoup moins de déchets ! C’est peut être parce que ça fait un bail que je suis pas allée à un festival et que maintenant c’est partout comme ça, mais j’ai trouvé cette initiative super cool !

Après 10 jours décidons de quitter la ferme pour aller faire un saut chez mon père et chez ma grand mère qui habitent tous les deux pas très loin et nous balader dans les environs et visiter un peu, notamment le musée des maisons comtoises, superbe musée en plein air qui regroupe une vingtaine de maisons traditionnelles de l’est de la France aménagées comme au début du siècle.

Wednesday, June 27, 2012

Les Costils - enclave de paradis au milieu de la Normandie

Bon, il est vraiment temps de mettre à jour le blog... C'est qu'il s'en est passés des choses depuis notre première ferme en Normandie avec les chèvres.

Après la ferme de Lucile, nous sommes donc rentrés à Paris pour quelques jours, histoire de rendre visite à mes chères administrations, puis nous sommes repartis en direction de la Normandie, au Mesnil Germain à quelques kilomètres de la première ferme. Les Costils est une ferme biologique tenue par Alain et Rebeka. L'activité principale de la ferme est la production de lait de vache. C'est la vraie ferme laitière comme on la voit sur les prospectus : 35 vaches normandes qui gambadent dans les champs toute la journée et qui sont traitent matin et soir. Et sur près de 140 hectares de pâturages, ça fait de quoi gambader !

La ferme compte aussi une cinquantaines de vaches et veaux à viande, quelques chevaux, des poules, une chèvre, un bouc, une oie, 4 chiens, un chat et quelques wwoofers. La ferme comporte un bâtiment principal où Alain et Rebeka habitent avec leur fils Nicolas (11 ans), une magnifique maison à colombages vieille de 300 ans qu'ils ont retapé dans un style très campagnard avec une superbe cuisine avec cuisinière à l'ancienne (une Aga pour celles qui connaissent), où Rebeka passe le plus clair de son temps à nous concocter de somptueux déjeuners, goûters et dîners.



En dessous, un cottage au bord d'un petit étang et qui est loué comme chambre d'hôte et dont Rebeka s'occupe quand elle n'est pas aux fourneaux. Le cottage est occupé 5 à 10 nuits par mois, mais Rebeka pense à augmenter la fréquentation d'ici à l'été prochain. 


A coté du cottage se trouve le "loft", une grange dont le premier étage a été aménagé en un grand loft avec cuisine, salle de bain et chambres pour accueillir les wwoofers et l'équipe des Latviens, Raitis et Raymonds, qui ont commencé comme wwoofers et n'ont jamais quitté la ferme. Comme Rick et moi sommes un couple et que nous sommes très chanceux, Alain et Rebeka ont eu la gentillesse de nous mettre dans la "garden house", petite maison à colombage qui se trouve en face du potager. La maison était avant habitée par un couple qui travaillait sur la ferme, mais depuis leur départ, la maison a été un peu laissée à l'abandon. Rick est donc arrivé juste à point pour commencer les travaux de rénovation ! Il a commencé avec un peu de peinture puis s'est attaqué au sol, où il a posé du carrelage dans une grande partie de la maison ! Pour une grande partie de notre séjour aux Costils, nous étions tous seuls dans la garden house, nous avions donc notre propre petite maison !!

En face de la garden house se trouve le potager, où l'aide des wwoofers est toujours la bienvenue. Entre le désherbage, les semis, les transplantations, il y a toujours quelques chose à faire dans le potager et j'y ai appris pas mal de choses ! La majeure partie de ce que nous mangeons aux Costils vient du jardin ou des pâturages, parfois de chez les voisins, mais toujours très local.

J'ai aussi passé pas mal de temps à la laiterie où j'ai pu me familiariser avec les 35 vaches qui nous donnent du lait matin et soir. Alain m'a gentiment pris sous son aile pour me dévoiler tous les secrets des vaches, le plus grand étant que les vaches sont super câlines et plus tu leur donne d'amour, plus elles te donnent du lait !!
Donc en plus des légumes du jardin, des fruits du verger et des oeufs du poulailler, tous les jours on a une bouteille de lait frais et super crémeux. Une fois par semaine, l'un des voisins fromager vient  à la ferme pour un atelier fabrication de fromage, pour l'instant, de la tomme de vache !

Pendant notre temps libre, nous essayons d'aller courir (un peu) ou nous ballader sur les petits sentiers du coin. Nous avons aussi la chance de pouvoir profiter du savoir faire des latviens Raitis et Raimonds qui semblent savoir tout faire et tout construire : outre les délicieux mets de Raimonds (paté de fois, terrine de cochon, succulent barbecue de cotes de porc marinées), ils nous ont également construits un sauna à la latvienne dans le pré en dessous de la ferme. Ils font brûler un feu sous un dôme de pierre pendant toute une journée, montent une tente avec structure en bois et bâche en plastique, et arrosent le feu d'une marinade d'eau et de branches de pins. Une vingtaine de minutes dans le sauna, puis on va se rafraîchir par un rapide un saut dans l'étang (l'eau est plutôt fraiche) avant de retourner dans le sauna, jusqu'à épuisement des forces... Bonne nuit de sommeil assurée !

Rebeka nous concocte quotidiennement de succulents repas, qu'elle prépare toujours avec des fruits et légumes locaux et de saison. Le lait, les oeufs et la viande viennent bien sûr de la ferme. Quand les fruits et légumes ne viennent pas du potager, ils viennent du marché bio, où elle les achète à un maraîcher local. Le fromage est fait sur place ou vient de la ferme de Lucile, à quelques kilomètres. Quant au reste des aliments (farine, riz, pates, etc...), elle achète tout en gros auprès d'une co-op d'aliments bio. Elle n'achète aucun aliment conditionné et se tient le plus possible à l'écart du plastique. Bref, tout est local, naturel au possible et sans produits chimiques (comme j'aime). Le bonus : en deux semaines à la ferme, on a rempli l'équivalent d'une petite poubelle de salle de bain de déchets et d'emballages ! En temps normal, on remplit une poubelle de cuisine de grande taille par semaine !


Bref, l'accueil et la gentillesse de Rebeka et Alain, la communauté d'idées avec eux, la présence des animaux, la beauté du site, la garden house, tout n'a pas mis très longtemps à conquérir nos coeurs, et des deux semaines initialement prévues, nous avons rallongé notre séjour de deux semaines supplémentaires, et nous y retournons au mois d'août pour y rester à plus long terme puisque nous avons accepté de travailler aux Costils ! Je serai principalement en charge de la laiterie et aiderai Alain dans la gestion administrative pendant que Rick se consacrera plus à des travaux de rénovation et de gros oeuvre sur la ferme. Notre tour de France des fermes Wwoffeuses va donc être un peu raccourci, et se limiter pour le moment à l'est (Franche-Comté et les Vosges) et la Bretagne. Nous allons essayer de profiter un maximum de ces deux mois de balade, mais nous sommes déjà impatients de rentrer aux Costils !!



WWOOF in Normandy - 2

Wednesday, April 18, 2012

La vie de la ferme - 1

Ca y est, nous voilà arrivés dans notre première ferme, à 15km de Lisieux, en Normandie. La ferme d'Esmeralda est une vieille ferme normande traditionnelle tenue par Lucile, avec l'aide de son mari Nicolas (instit) et de leurs enfants Etienne (7 ans et demi) et Hélène (3 ans et demi). La ferme est située sur un terrain vallonné de 15 hectares (ça fait les jambes) et comprend un troupeau de 87 chèvres, quelques vaches laitières, des poules, un chien et un chat (s'est vous dire que Rick est au paradis).

Lundi nous avons passé la journée à nous familiariser avec les lieux et les animaux et une bonne partie de la matinée a été consacrée à promener les chèvres. Mais ne vous y trompez pas, la plupart du temps, s'est plutôt elles qui vous baladent !! Dans cette tâche nous étions aidé par Edwin, le chien de berger. Mais comme le dit si bien Nicolas, contrôler Edwin s'est parfois encore plus de boulot que de contrôler les chèvres ! Et quand t'as enfin réussi à les canaliser pour les faire aller toutes dans le bon sens, le chien s'en mêle et t'as plus qu'à tout recommencer ! Quant à les rentrer dans la chèvrerie, j'en parle même pas... (hop, deux de rentrées ! Merde, en voilà trois qui se sauvent ! Bon, deux de plus dedans. Ah merde, quatre autres qui se font la malle !)

Le lendemain matin, debout à 7h pour aller traire les chèvres (un coup de main à prendre...), puis on aide Nicolas à finir le labo qui va servir à la confection de fromage frais. Déjeuner en famille : Lucile et Nicolas sont de très bon cuistots et tous les produits sont frais et viennent de la ferme, c'est un vrai régal !
L'après midi est libre : internet, tri des photos, lecture, un peu de course à pied. Puis, vers 18h, on va aider Lucile pour rentrer les chèvres dans la chèvrerie, séparer les chevreaux des adultes (sinon pas de lait le lendemain matin) et on va nourrir les chevreaux les plus jeunes au biberon. Les sept bébés chevreaux sont plus qu'enthousiastes quand vient l'heure du bib et il faut les séparer pour pouvoir les nourrir un par un. Malheureusement le huitième petit chevreau, qui n'a que quelques jours, refuse de se nourrir et à part se coucher dans la cheminée encore chaude, il n'a pas beaucoup d'énergie pour faire quoi que ce soit. Lucile dit que malgré tous nos efforts (il est sur mes genoux en ce moment même), il ne passera probablement pas la nuit. La vie de la ferme s'est aussi ça. :-(

Heureusement parfois les bêtes malades se retapent aussi, comme le petit veau d'une semaine qui recommence à prendre du poil de la bête et qui me prend pour sa môman, trop mignon...

Saturday, September 25, 2010

L'ère du pratique

Voici ci-dessous une traduction d'un post de Leo Babauta, auteur du blog ZenHabits, dont vous pouvez trouver l'adresse dans mes liens. Il est l'un de mes auteurs de blog préféré en ce moment, et je voulais partager avec vous ce post, que je trouve terriblement vrai (vous m'excuserez pour la traduction, parfois un peu approximative...)





S’il est un mot qui peut résumer la société moderne, c’est le mot “pratique”. Ce mot pourrait à lui seul résumer les 100 dernières années : la machine à laver et le sèche-linge, la voiture, l’avion, la télévision, le micro-ondes, l’ordinateur et la révolution internet, le fast food, le business de l’agroalimentaire, le surgelé, le lave-vaiselle, et toutes les autres machines de toutes sortes.
Nous sommes dans la société du pratique, plus que toute autre chose. Mais à quel prix ?
Le réchauffement de la planète, par exemple, est entièrement dû au developpement de ces solutions pratiques et la solution, pour beaucoup, serait tout juste aussi pratique que le problème : voitures électriques, énergies renouvelables, maisons écologiques, plats préparés bio. Je ne suis pas convaincu - je crois que nous allons devoir repenser notre amour du pratique.
La recrudescence du nombre d’obèses a également été causée par notre obsession du pratique : fast food et plats cuisinés à réchauffer au micro-ondes sont préparés et artificiellement aromatisés de facon à ce que manger demande tellement peu d’efforts que nous mangeons des quantités énormes. Pour beaucoup, la solution à ce problème doit à nouveau être pratique : ils ne veulent pas devoir préparer leurs propres repas, encore moins passer des heures à faire du sport. Ils voudraient des repas équilibrés qui soient prêts en quelques instants, du sport sans effort et efficace en quelques minutes, des pillules et de la chirurgie pour résoudre leurs problèmes de poids. Pour moi le sport est et doit rester un effort. Un effort dans lequel on prend du plaisir. Cuisiner des plats équilibrés demande un peu de temps, mais cela devrait être un plaisir de cuisiner et de manger.
Quant aux voitures, elles sont terriblement pratiques, sauf quand elles ne le sont pas : des paiements mensuels astronomiques, le temps nécessaire aux réparations, au nettoyage, faire le plein, tomber en panne au beau milieu de l’autoroute, ou ne carrément pas démarrer du tout, un pneu à plat, le stress des embouteillages, passer un heure à chercher une place de parking, etc... Le prix de tout cela est, bien sûr, notre santé et notre environnement - petit prix à payer.
Le pratique a toujours un prix caché si vous prenez une vue d’ensemble. Parfois ce prix est payé par le Tiers Monde, ou par l’environnement, ou même les générations futures, mais bon, c’est jamais vraiment notre problème.
J’ai dit un jour que l’on devrait désautomatiser, et ce le plus souvent possible. Ce n’est pas pratique d’étendre son linge, mais c’est écologique et cela peut être un plaisir. Avoir un petit jardin potager n’est pas aussi pratique que de faire ses courses au supermarché, mais savoir ce qu’il y a dans nos assiettes n’a pas de prix. Marcher, faire du vélo, et prendre le métro n’est pas toujours pratique mais pouvoir respirer en ville ne devrait pas être un luxe.
Quels sont les petits changements que nous pouvons incorporer dans notre vie de tous les jours et qui de bien des cotés pourraient être plus que bénéfiques ? Je n’ai pas les réponses, seulement les questions.

Monday, August 30, 2010

Quel gachis


Vous avez tous plus ou moins entendu parler du fait que le poisson en général est surpêché, et certaines espèces même à deux doigts de disparaître (le thon rouge par exemple, ou les requins, dont je parlais il y a quelques temps). Certains d’entre vous ont même peut être été jusqu’à regarder sur internet pour trouver quelles sont ces espèces et éviter de les acheter... Malheuresement, comme je vous l’expliquais pour les requins il y a quelques semaines, la méthode de pêche en elle-même est parfois un danger pour certaines espèces qui ne sont même pas les espèces ciblées. C’est le cas de la pêche à la crevette, dont les trois quarts de ce que nous mangeons provient de la pêche en haute mer. Les crevettes sont très prolifiques et ne sont pas menacées; le problème provient de la méthode de pêche, le chalutage de fond.

Dans le chalutage de fond, le chalutier tire derrière lui un énorme filet, qui est lesté et qui racle donc le fond, ramenant avec lui toutes sortes de poissons, requins, tortues, mais aussi les algues et les coraux. Après le passage d’un chalutier de fond, il ne reste plus rien. Lorsque la prise est remontée à bord, commence le tri : pour chaque kilo de crevette, en moyenne 5 kilos de poisson non désiré est rejeté par dessus bord, le plus souvent mort. Dans certaines régions, les rejets peuvent atteindre 14 kilos ! 

Et l’élevage me direz-vous ? Malheureusement la crevetticulture (oui oui, je vous jure) est source d’une extrème pollution. Principalement trouvées en Asie (on en voit plein en Thailande) et en Amérique Latine, les fermes de crevettes sont de grands étangs qui ont été créés en déboisant les forêts humides (mangroves). Le quart des mangroves ont été détruits lors de la dernière décennie en majeure partie à cause de l’élevage de crevettes. En plus de détruire des milieux naturels, ces étangs créent une intense pollution des sols, qui ne peuvent en général être utilisés que pour quelques années (en moyenne 4 à 5 ans) avant de devoir être abandonnés à cause des niveaux de nitrate très élevés.

Bref la crevette est donc à éviter absolument tant que leur pêche se fera par chalut de fond, et voilà une nourriture de plus sur ma liste des aliments à éviter... Mais bon, si je me rappelle bien, c’est même pas bon les crevettes, hein ?


Si ca vous interesse voici un document de Greenpeace qui explique les différents types de pêche et qui liste les espèces à éviter http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/peches-conduites-dangereuses.pdf.

Tuesday, May 04, 2010

Voyage de fin de Saison


Nous revenons tout juste du staff trip avec le club qui nous a invité. 3 jours de plongée, détente, jeux, bouffe, dodo.... que du bonheur ! Que des plongeurs professionnels, chacun avec plusieurs centaines, voire milliers de plongée... Du coup l’agenda du voyage était plutôt relax : contrairement aux clients qui veulent plonger un maximum, après une saison de plongée, nous étions tous d’accord sur un point : nous voulions plonger, mais nous voulions aussi nous relaxer et nous reposer. Donc au lieu des 4 plongées quotidiennes habituelles, nous avons décidé de ne faire que 2 ou 3 plongées par jour, en selectionnant bien les sites. Encore un autre avantage : comme nous sommes tous des plongeurs chevronnés, notre choix se porte sur les sites un peu plus pointus ou un peu plus profond où nous ne pouvons généralement pas aller avec les clients. Le premier jour, nous avons fait 2 plongées sur Koh Bon. Peut être mes deux meilleures plongées de cette saison. Sur la première plongée, nous étions seuls sur le site, enfin seuls pas tout à fait puisque nous avions la compagnie de 3 raies mantas et 2 raies diable. Waow. 60 minutes de bonheur.  Les raies ont passé la plongée entière avec nous, à venir voir qui nous étions, puis à jouer, faire des pirouhettes. Magique. Elles sont super curieuses et viennent parfois très près pour voir un peu qui nous sommes. On dirait qu’elles veulent qu’on vienne jouer avec elles... Nous avons aussi eu la chance de nager avec un bébé manta d’environ 1,50 mètres d’envergure. Depuis que nous avons décidé avec Rick de nous inscrire pour un triathlon en août, nous allons courir tous les jours, et nous essayons aussi d’aller nager quotidiennement. Rick est un nageur né, mais moi je galère un peu... Je peux nager la brasse raisonnablement bien, mais il est fortement recommandé de nager les courses et les longues distances en crawl... Et là je suis nettement moins douée... Il me faut beaucoup de concentration pour garder le rythme, coordonner les bras et les jambes, ne pas oublier de respirer... et en plus je vais à deux à l’heure, je fais une longueur quand Rick en fait trois... Du coup, on va à la piscine tous les jours pour s’entrainer. Pas très fun, mais la piscine ici, c’est pas tout à fait la même que chez vous... Nous allons à la piscine d’un grand resort qui a une salle de gym où nous nous sommes inscrits, donc nous ne payons pas nos visites. La piscine est en plein air, et comme c’est la fin de la saison, il n’y a plus personne à Khao Lak, donc bien souvent nous avons la piscine pour nous tous seuls. Une belle, grande piscine de 50 m pour nous tous seuls. Les meilleures conditions pour s’entraîner. Enfin, tout juste après notre entrainement à Koh Bon, dans la baie : pas de courant, pas de vague, plein d’espace, et un bébé manta pour nous tenir compagnie...

Pendant ce voyage nous en avons aussi pas mal profité pour dormir, bouquiner, manger (comme toujours sur les croisières... mais cette fois en prime un délicieux barbecue sur la plage...) et également jouer. Nos camarades plongeurs sont de grands joueurs et il faut croire que la plongée garde l’esprit jeune : jeux de carte, de Uno, jeux de ballon sur la plage, jeu du prisonnier (pfiou, ca faisait au moins 15 ans... 20 ans ? que j’avais pas joué à ca...), jeux de rôles, charades, etc... Bref une bonne facon de se détendre et de laisser de coté toutes les tensions de cette saison passée. Plus que quelques trucs à faire au bureau (un ou deux jours de travail, pas plus) et ce sera officiellement les vacances !!! Nous commencons déjà à nous préparer, ranger la maison (il nous faut toujours quelqu’un pour garder les chats...), fermer le club de plongée, et nous serons en France fin mai ! Je vous verrai donc très bientôt devant un bon verre de vin, un morceaux de fromage et les incontournable barbecues de l’été !!

Une dernière chose, Rick et moi allons devoir nous entraîner pour le triathlon quand nous serons en France... Est-ce que quelqu’un a un vélo (ou même encore mieux, deux) à nous prêter ? Si oui, envoyez-moi un  petit mail... Merci à tous !


Friday, April 23, 2010

Les Seigneurs de la Mer - Sharkwater


Comme j’en parlais dans un précédent post, la disparition des requins est un sujet qui touchent en général beaucoup les plongeurs. Rick et moi ne sommes pas en reste. Les gens se mobilisent pour sauver les pandas (trooooop mignons) ou les dauphins (trooooop intelligents), mais tout le monde se fout des requins. Or c’est un fait, les requins sont en train de disparaître de la planète. Sur les 50 dernières années, nous avons déjà détruit 90% de la population de requins mondiale. Depuis 400 millions d’années sur la planète, ils ont survécu à tous les désastres, toutes les catastrophes. Mais depuis 50 ans, ils disparaissent. Pourquoi ? Essentiellement parce que que quelqu’un, à un certain moment, a cru bon de vanter la soupe d’aileron de requin comme cure contre presque tout. Depuis c’est la poule aux oeufs d’or. En effet, un bol de soupe d’aileron de requin se vend entre 50 et 400 US dollars. Les chinois en particulier en sont de grands amateurs, et en servir à un dîner est une grande marque de prestige. Ceci en dépit du fait que l’aileron de requin n’a aucun goût, ni aucun valeur nutritionnelle. Juste  une vieille superstition qui dit que ca fortifie, et rend les mâles plus mâles. Un peu comme les défenses d’éléphants en somme.

Les biologistes marins et spécialistes du requin estiment que 100 millions de requins sont tués tous les ans pour leurs ailerons. Déjà, 18 espèces de requins ont été ajoutés à la liste des animaux en danger par la UICN (Union mondiale pour la nature ou Union internationale pour la conservation de la nature) et certains spécialistes estiment que d’ici une décennie, la plupart des espèces de requins auront disparu.


Mais la pèche aux requins ne détruit pas uniquement la population de requins. L’une des techniques de pêche les plus populaires est celle des filets dérivants. Le principe est le suivant : les pêcheurs placent une ligne à la surface, soutenue pas des flotteurs. La ligne peut faire de plusieurs mètres à plusieurs kilomètres de long. Tous les 30 mètres, une ligne verticale d’environ 5 mètres y est attachée, au bout de laquelle pend un hamecon présentant du poisson, calamar, parfois de la chair de dauphin (ceux qui sont pêchés par erreur). Ces filets dérivants ont par le passé été appelées “rideaux de la mort” car ils attrapent toute créature vivante qui a le malheur de mordre à l’hamecon. Elles attrapent non seulement l’animal qui en est la cible (le plus souvent requins, thon et espadon), mais également des espèces de requins en danger, des tortues luth (leatherback turtle - la plus grande espèce de tortue marine et aujourd’hui protégée car en voie d’extinction), mais également des oiseaux marins, notament les albatros. Plus de 25% de ce qui est pêché par les filets dérivants est rejeté à la mer, généralement morts.

Une fois le requin pêché commence le prélèvement des ailerons ou finning en anglais. L’aileron dorsal et les ailerons latéraux sont découpés, la plupart du temps sur le requin encore vivant. Le requin est ensuite rejeté à la mer; incapable de nager sans ses ailerons, le requin coule lentement vers le fond où il mourra d’asphixie, de faim, ou dévoré par d’autres poissons. Le prélèvement se déroule directement en mer donc les pêcheurs n’ont plus que les ailerons à transporter. La viande de requin a peu de valeur et ne vaut donc pas la peine pour les pêcheurs d’être rapportée au marché. Tous les requins pris sont découpés, quels que soient leur taille, âge ou espèce.

Cette facon de pêcher à un énorme impact environnemental : l’énorme quantité de requins pêchés, et l’absence de sélection attaque la population de requin plus rapidement que celle-ci ne peut se reproduire. Chaque année, 8000 tonnes d’ailerons de requins sont récoltés et traités afin d’être utilisés pour la soupe. Les ailerons cependant ne représentent que 4% du poids total du requin. Cela signifie que chaque année, 200,000 tonnes de viande de requin est rejetée à l’eau et gachée.

Le finning est contraire au code de conduite pour une pêche responsable instauré par l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), http://ressources.ciheam.org/om/pdf/c43/99600267.pdf. Le finning est également contraire au plan d’action international pour la conservation et la gestion des requins de la FAO, http://www.fao.org/docrep/006/x3170f/x3170f03.htm. Selon la FAO, la pêche illicite est en recrudescence partout. Un nombre grandissant de pêcheurs n’hésitent pas à contourner les règles de plus en plus strictes mises en place pour remédier à la baisse des stocks de poissons. « La situation est particulièrement grave puisque près de 75 % des pêcheries mondiales sont déjà pleinement exploitées, surexploitées ou appauvries », indique un rapport débattu par la conférence de la FAO. Ce rapport précise que des pêcheurs sans scrupules opèrent dans des zones où la pêche n’est pas autorisée ou emploient des techniques interdites, des types de filets illégaux (comme les filets dérivants). Certains pêcheurs trichent en minimisant leurs prises ou en omettant de les communiquer. Des informations font état de captures d’espèces de haute valeur commerciale pouvant dépasser de plus de 300 % les contingents autorisés. L’industrie de la pêche mondiale est une gigantesque braconnerie. A qui profite les énormes revenus générés par la pêche aux ailerons ? Pas aux pêcheurs eux même, mais à l’énorme mafia qui gère tout ce traffic. Les revenus générés ne sont rivalisés que par ceux de l’industrie illégale de la drogue. Pour référence, un aileron de requin baleine se négocie jusqu’à 10.000 dollars...

J’entends déjà certains d’entre vous dirent “qu’est-ce que ca peut faire, les requins sont des mangeurs d’homme de toute facon, ils n’ont que ce qu’ils méritent...”. Mais là, ce n’est pas tout à fait vrai. Les dents de la mer ont fait de gros dégâts pour la réputation du requin. Parmi les plus de 400 espèces de requins différentes, seulement 3 ou 4 sont reconnues agressives ou potentiellement dangereuses pour l’homme. Chaque année, entre 10 à 15 personnes meurrent des suites d’une attaque de requin. Il est en fait plus dangereux de jouer au golf que de nager avec des requins dans la mer. Plus de golfeurs meurrent chaque année frappés par la foudre que de personnes ne ont tuées par des requins. Même les abeilles sont plus mortelles...

Entre 1990 et 2008, une moyenne de 56 attaques ont été déclarées à travers le monde. Si l’on compte celles qui ne sont pas déclarées, on peut probablement compter entre 75 et 100 attaques par an, dont 10 à 15 sont fatales. Aux Etats Unis en 2000, 23 “attaques” (sans blessures mortelles) ont été déclarées sur les 264 millions de personnes qui sont entrées dans l’eau dans les 68 Etats surveillés par l’associations de maîtres nageurs des US. Par comparaison, sur les mêmes plages à la même période 132 personnes sont mortes de noyade. Je vous rappelle que l’industrie de la pêche tue en moyenne 100 millons de requin ar an... Alors qui est le prédateur de qui exactement ?

Avec 90% de sa population mondiale déjà décimmée, le requin disparaît beaucoup plus vite qu’il ne peut se reproduire. Contrairement aux autres poissons, les requins ne produisent pas des milliers d’oeufs. La plupart des requins ont besoin de près de quinze pour arriver à maturité et pouvoir se reproduire à son tour, en portant un bébé par an. Avec un taux de reproduction si lent, il est possible que leur population ne recouvre jamais les dégâts que nous leur avons déjà infligés. 

En plus d’être des animaux très intelligents (ils ont survécus là où les dinosaures ont disparus), ils sont également essentiels à l’équilibre de notre planète, et, à terme, à notre survie. Leur disparition met en danger la stabilité des ecosystèmes marins dans le monde entier. Les requins sont des prédateurs esssentiels de la chaîne alimentaire. En effet, ils se nourrisent des poissons les plus larges, du type perroquets, et parfois tortues. Devant la diminution du nombre de leur prédateur naturel, le nombre de ceux-ci augmente. Ces poissons se nourissent essentiellement de corail. A terme, le nombre trop grand des ces poissons représentera une menace très lourde sur le corail. D’autres poissons se nourrissent d’algues marines. Sans les requins, plus de poissons, moins d’algues, et peut être un jour plus d’algues du tout. Petit problème, ces algues produisent près de 80% de l’oxygène que nous respirons... Enfin, les requins sont les nettoyeurs des mers, un de leur rôle principal est d’éliminer les individus malades ou génétiquement innapropriés pour ne laisser que les plus sains et aider à stabiliser la population de poissons. Leur disparition pourrait donc avoir des conséquences catastrophiques. Mais tout le monde s’en fout et les chinois continuent a bouffer leur soupe d’aileron de requin insipide, pendant que les chefs du traffic s’en foutent plein les poches. Alors s’il vous plait, si un jour vous partez en voyage en Asie, boycottez la soupe d’ailerons de requins  et cessez d’avoir peur d’eux ! J’ai fait de nombreuses plongées avec les requins et ce sont des créatures majestueuses, intelligentes et non agressives pourvu qu’on ne les agresse pas (ou qu’on ne les nourrisse, mais ca c’est encore une autre histoire).

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter les liens suivants (en anglais) :


ou aller voir le film Les Seigneurs de la Mer.