Dream Tour 2009




Depuis le debut de l’annee, Rick et moi avions dans l’idee que cette annee, les vacances se passeraient en Thailande. Depuis presque 5 ans que nous sommes installes ici, et il y a tellement d’endroits que nous n’avons pas encore eu le temps de visiter ! L’idee s’est concretisee lorsque Rick a achete une grosse Yamaha 400 cm3; nous avions alors decide de partir tous les deux a moto avec un petit sac a dos et d’aller faire un tour dans les montagnes du nord de la Thailande. Quelques jours plus tard, nous discutions de notre idée avec Keith, un pote de Khao Lak, qui trouva cette idée fantastique et en fit part a sa copine. Tous les deux emballes, ils deciderent de se joindre a nous pour ce periple… Seulement eux n’ont pas de “grosse” moto comme nous, seulement deux petites Honda Dream. 
Je vais m’arreter ici pour faire une rapide parenthese sur la Honda Dream : ici les voitures sont hors de prix et les “grosses” motos (250 cm3 et plus) tres peu utilisees. Une Honda Dream est une petite mobylette de 100 a 125 cm3 avec des vitesses mais pas d’embrayage, extremement simple a utiliser et encore plus simple a reparer. TOUT LE MONDE dans ce pays possede une Honda Dream. Je ne plaisante pas. Je ne connais pas un thai qui n’a pas au moins une Dream. Elles coutent 15000 a 20000 bahts d’occasion (2 a 3 mois de salaire moyen thai), et est utlisee pour absolument tout, allant de la Berline familiale (il n’est pas rare de voir 3 adultes, un enfant / bebe, et un chien sur une meme moto…), a camion de livraison (tout se transporte a mobylette ici; avec Rick on a meme vu un gars transporter un frigo sur l’arriere de sa moto…), en passant par le bon vieux tout terrain (une fois avec Rick on galerait a grimper un chemin de terre tout defonce sur sa moto cross 250cc quand on s’est fait doubler par 3 birmans sur une Dream…). Du coup, comme tout le monde en possede une, tout le monde sait comment les reparer, et tout le monde a des pieces de rechange. Meme au fin fond de la cambrousse, si ta Dream te lache, tu l’amene a la meme du coin, et elle sera capable de la reparer. Mais de toute facon, la question ne pose meme pas parce que les Dreams ne te lachent pas. Jamais. Elles sont indestructibles. 
Bref, fin de la parenthese.
Nous decidons donc que plutot de partir avec une grosse moto et deux Honda dream, nous allions nous munir d’une Honda Dream chacun. D’une part parce que les reparations seraient beaucoup plus faciles, et aussi parce la grosse moto de Rick etait au garage en attente d’une piece de rechange depuis quelques semaines, et malgre le fait que le garagiste nous assure que la piece serait la dans 3 jours (tous les 3 jours…), nous savions que la moto ne serait pas prete pour le depart. Et puis la Honda Dream est tellement representative de ce pays qu’on trouvait l’idee encore plus sympa. Et puis ca nous laisserait plus de place a l’arriere de motos pour transporter nos bagages. Maintenant quand meme il me faut vous preciser que malgre tous ces points positifs, la Dream reste une petite mobylette qui va pas bien vite (60-70km/h en moyenne) et qui n’est pas vraiment destinee a etre utilisee pour faire de grands trajets, or nous prevoyions de faire a peu pres 2500 km... Notre grand projet de traverser le pays en mobylette nous a donc valu quelques regards pour le moins surpris des personnes a qui nous en faisions part…
Une fois le voyage decide et les premiers details arretes, Rick et moi repartons pour Koh Tao, avec tout notre barda emmene a Khao Lak en debut de saison : bagages, materiel de plongee, meubles, livres, ustensiles de cuisine, chats… Je vous passerai les details mais c’etait pas une sinecure… Arrives a Koh Tao, nous avons quelques jours pour defaire tous nos bagages et les refaire, nettoyer la maison (qui a ete sous-louee pendant 6 mois et est dans un etat epouvantable…), mettre de cote les choses fragiles et precieuses et surtout trouver quelqu’un pour sous-louer la maison pendant notre mois de vacances. C’est pas tant pour le loyer que nous cherchons quelqu’un pour reprendre la maison que pour s’occuper des chats pendant notre absence… Nous trouvons quelqu’un juste quelques heures avant le depart… 
Suivent quelques jours un peu precipites entre Bangkok pour faire quelques courses, reparer mon ordi, faire un check-up chez le medecin et le dentiste, mangers des sushis, etc… et ensuite nous redescendons a Chumphon ou nous avons laisse le 4x4 de Rick qu’un potentiel acheteur doit venir essayer. Nous attendons ledit acheteur a Chumphon pendant 2 jours (et Chumphon c’est pas la fete, c’est un peu la Creuse de la Thailande, ya RIEN a faire…) pour finalement se pointer et pas acheter parce qu’en fait il cherche pas vraiment un 4x4. Bref.
Pendant toutes nos peripeties, Alex elle est retournee chez elle en Angleterre pour deux semaines. Keith, lui, est reste a Khao Lak ou son club de plongée restait ouvert après le notre. Manque de bol, un grosse tempete a frappe Khao Lak après notre depart, et ils ont du annuler tous leurs bateaux. Keith est donc reste deux semaines a Khao Lak sans copine et sans rien a faire, ce qui lui a permi de nous etablir un plan de route aux petits oignons… Utilisant une carte routiere et un Guide de voyage, il a prepare un itineraire qui nous demanderait de faire 150 a 200 km par jour, en restant a l’ecart des autoroutes le plus possible, et qui nous permettrait de voir autant de parcs nationaux et de paysages que possible sur le chemin. Parfait.
Comme tout le monde etait a droite a gauche pendant les semaines precedent le depart, nous avions decide a l’avance de nous retrouver tous ensemble a Khao Lak le 7 mai pour plannifier notre voyage et de partir le 8 mai.
7 mai
Nous voila donc a Khao Lak avec l’intention de tout bien plannifier : ce que nous allions prendre avec nous, qui prendrait quoi, comment tout harnacher sur les motos, etc… Au lieu de quoi on a tout mis sur une pile et estime que tout tiendrait sur nos quatre motos. Et puis nous sommes partis rejoindre des amis a un barbecue. Certains de ces amis que nous connaissons depuis quelques annees quittent la Thailande dans quelques jours et nous ne savons pas quand nous allons les revoir.
8 mai – parcourus : 168 km
Nous y voila, le grand depart. Comme on avait estime hier, tout tient sur les motos. Bon, il nous a fallu plusieurs essais avant de trouver le bon systeme mais a force de tendeurs, cordes et diverses sangles, nous arrivons a tout caser. En tout et pour tout nous emportons deux tentes 2 places, deux sacs de couchage 2 places, un rechaud avec casseroles et poele, une glaciere, des assiettes, couverts et verres ainsi qu’un sac a dos par personne contenant nos affaires personnelles. Rick (souvent surnomme Mac Gyver) en profite aussi pour faire des petites modifications sur sa moto et installe un porte bouteille d’un cote et une bouteille d’essence de secours de l’autre.
Nous avons verifie les previsions meteo sur internet hier en se disant qu’on pourrait toujours changer un peu l’itineraire pour eviter la pluie. Mais en fait non. La pluie est au programme sur tout le pays pour aussi loin que predise le site internet, c’est a dire 5 jours. Alors autant partir tout de suite et affronter la pluie. Nous nous sommes heureusement bien equipes pour ce voyage : casques, gants de motos, jean, chaussure, veste et impermeables. Tout ca vous parait pour le moins normal mais laissez moi vous rappeler que j’habite dans un pays ou il fait 40 degres et ou tout le monde se balade en short et en tongs. La plupart d’entre nous ne possedent meme pas une paire de chaussures fermees. Quant aux casques, ceux qui sont fournis ici avec les motos sont ni plus ni moins que des saladiers en plastique avec une sangle a passer sous le menton… Cela nous a donc demande un peu de recherche et d’investissement pour rassembler tout le materiel necessaire...
Apres tous ces preparatifs, nous prenons finalement la route vers 14h. La route est plutot bonne et il n’y a pas trop de monde. Malgre tous les paquets attaches aux motos, le tout n’est pas aussi inconfortable que je le craignais. La route que nous empruntons aujourd’hui correspond plus ou moins a quelque chose comme une nationale. C’est la route principale qui relie Ranong et Phuket, comme en témoignent les quelques camions qui nous depassent, mais ca reste malgre tout un route de moyenne importance, avec des gens qui vivent le long de la route, des arrets de bus, des etals de fruits et divers marches tout le long.
Nous nous arretons en route pour manger un morceau sur un de ces marches, et Keith commande quelques unes de ces delicieuses petites brochettes de viande grillee. Pour la plupart d’entre nous rien d’exceptionnel, mais Keith etait vegetarien depuis tres exactement 10 ans (jour pour jour) et a decide de se remettre a la viande et enfin essayer toutes ces specialites thaies a la viande qu’il n’avait pas pu gouter jusque la. Je crois qu’on en a fait une plus grosse affaire que Keith lui-meme.
Nous arrivons a la plage de Lam Som ce soir la et Keith et Alex testent leur tente pour la première fois tandis que Rick et moi optons pour une chambre. Avec Rick nous avions decide de camper dans les parcs nationaux, mais que si des bungalows a prix raisonnables étaient disponibles nous opterions pour la deuxième solution. 
Nous passons une soirée tranquille au restaurant de la Guest House a discuter de la journée passée et partager nos sentiments, avant d’aller nous écrouler, epuises, dans nos lits respectifs a 22h30…
9 mai – parcourus : 121 km
Il est tombe des seaux d’eau toute la nuit, j’ai passe une bonne partie de la nuit eveillee a tendre l’oreille au cas ou Keith et Alex viendraient frapper a la porte pour trouver un petit coin sec…
Rick et moi nous levons avant eux et partons pour un petit jogging sur la plage. Nous les retrouvons ensuite pour le petit déjeuner. La tente a passe haut la main l’epreuve de l’eau ; malgré le déluge qui s’est abattu sur eux la nuit dernière, pas une goutte de pluie a l’interieur… Nous voilà rassures pour la suite du voyage.
Nous reprenons la route tranquillement apres un petit déjeuner qui s’est gentiment eternise. Tous les 4 avons passe les derniers six mois de la saison a Khao Lak, avec quasiment aucun jour de congé et la plupart du temps des journées de 12h. Alors personne n’est vraiment presse d’aller nulle part…
Sur la route, nous nous décidons d’aller vers Ranong, ou nous pouvons trouver un supermarché Tesco Lotus. Nous avons une petite liste des dernières choses que nous n’avons pu trouver ni a Koh Tao ni a Khao Lak et Tesco est notre meilleure chance.
Le problème quand on voyage dans un pays comme la Thailande, c’est qu’il nous est impossible de lire la plupart des panneaux. Les panneaux d’indication des routes et directions sont pratiquement toujours traduits en anglais mais pour le reste, tout est en thaï. Nous n’avons donc absolument aucune idée de la distance qui nous reste a parcourir avant d’arriver a Tesco quand on se fait rattraper par la pluie. D’un seul coup c’est la douche et en quelques secondes on est juste trempes. Rick, qui ouvre la route, se rabat des qu’il peut dans un endroit couvert, qui en l’occurrence est le garage de quelqu’un. Nous le suivons, mais malheureusement, environ 30 seconde plus tard arrive un camion de livraison de sacs de ciment. Voilà l’un des cas ou la mentalité thaïe est vraiment cool. Nous prenons abris dans le garage du premier péquin venu, au moment ou il a besoin de son garage. Pas de problème, il nous laisse nous installer et lui et ses ouvrier s’accommodent et déchargent les sacs en contournant nos motos. Voyant que la pluie ne va pas s’arreter de sitôt, Keith sort son réchaud et nous fait un petit café pour nous réchauffer, pendant que les ouvriers se passent les sacs par dessus les motos.
Bon, il s’avere que Tesco était juste 1 km plus loin, mais finalement nous avons passe un bon moment avec ce monsieur au garage et ses ouvriers. 
Nous faisons nos courses rapidement et reprenons la route en direction de Kraburi. L’apres-midi ne nous gate pas vraiment et de nombreuses averses nous laissent trempes et meme frigorifies (c’est un comble). Sur la route nous voyons de nombreux panneaux pour le «Thai-Burma Border Point». Nous suivons les panneaux jusqu'à une petite route sinueuse qui nous mene sommet d’une colline offrant une vue a 360 degres de la région. Bizzarement, la lumière fait apparaître le paysage en noir et blanc.
En repartant du point de vue, la pluie recommence a tomber a grosses gouttes alors nous décidons de prendre le premier hôtel que nous trouvons, ce qui n’est pas exactement évident sans panneau en anglais et dans une région pas vraiment touristique. Nous trouvons finalement un endroit pour dormir quand bien sur il s’arrete de pleuvoir. Bref. Nous sommes tombes sur l’affaire du siècle : 200 bahts (4 euros) pour une grande chambre avec terrasse et TV satellite. Avec plus de chaines que l’hotel a 1100 bahts a Bangkok ou nous étions la semaine dernière. Et meme des capotes sur l’oreiller ;-)
10 mai – parcourus : 171 km
Une nouvelle fois, Rick et moi avons decide de nous lever un peu plus tot et d’aller courir. C’est toujours sympa d’aller courir dans un nouvel endroit, tu découvre beaucoup plus de choses que quand tu passe en moto. Et aussi, c’est marrant de voir la tete des thaïs quand ils te voient passer. Surtout ce jour la. En pleine campagne. Je pense pas qu’ils aient beaucoup d’etrangers dans le coin. Ou meme de gens qui font du jogging.
Apres le petit déjeuner, nous partons direction Chumphon. La route est super ce jour la, il n’y a pas un chat, une belle route avec plein de grands virages rien que pour nous…
Nous arrivons a Chumphon a l’heure du déjeuner. Rick doit rencontrer un nouveau potentiel acheteur pour le 4x4 en début d’apres midi. Qui n’achete pas non plus. Du coup on se retrouve a être obliges de prendre l’autoroute pour rejoindre notre destination. Beaucoup moins sympa que la route du matin. Enfin rien de comparable avec une autoroute française. Une autoroute a la thaïe. Avec des maisons en bordure de route, des mobylettes sur la voie de gauche (oui on roule a gauche ici…), parfois un poulet qui traverse la route. Mais aussi avec de gigantesques camions qui vous depasse a toute allure, sans vraiment prêter plus d’attention que ca aux petites mob le long de la route. Le genre de route qu’on prefere éviter.
Enfin, on arrive malgré tout (entiers) a Ban Bang Boet, ou on trouve une chambre avant que les garçons se jettent a la mer. Nous sommes les seuls étrangers de toute la plage. Ce qui se reproduira de nombreuses fois pendant ce voyage. Ce qui est plutôt un exploit dans un pays aussi touristique que la Thailande…
11 Mai – parcourus : 133 km
Une petite journée tranquille, suivant les petites routes secondaires pour une grande partie de la journée. Nous dépassons Phrachuat Kiri Khan et nous arrêtons en milieu d’apres midi a Ao Manao, une base navale qui est également une station balnéaire réputée chez les thaïs. Nous installons nos tentes sur le camping juste a cote de la plage puis nous partons visiter l’aquarium qui se trouve a proximité, et qui se trouve être plutôt impressionnant. Il y a meme un de ces tunnels que l’on peut traverser pour passer sous l’aquarium.
Ce soir la, nous passons la soirée au camping et jouer aux cartes et boire du Samsong (whisky thaï).
12 mai – parcourus : 170 km
5h30 - reveilles par les militaires en exercice, courant et chantant autour du camping
6h30 - reveilles par la mise en route du générateur de la station service voisine
7h10 – reveilles par les hauts parleurs des annoncements thaïs. Pour ceux qui n’ont jamais eu cette joie, je vais vous expliquer rapidement en quoi ils consistent. A travers tout le pays, on trouve ces énormes hauts parleurs en haut des poteaux téléphoniques. Tous les jours a 7h du mat’ et a 18h, ils balancent des infos et de la musique. Et pas un morceau de piano de Chopin. Non aujourd’hui c’etait plutôt un concert de violons desaccordes avec pour chanteuse une vieille femme sourde et souffrant d’un cancer de la gorge. Et meme si la musique était bonne, les hauts parleurs sont de tellement mauvaise qualité que ca serait mauvais de toute façon. Alors pour être surs que tout le monde puisse entendre malgré tout, ils poussent le volume a fond les ballons. Tellement fort que ca en fait mal aux oreilles. On avait un de ces hauts parleurs a 20 m de notre tente. Genial.
Reveilles pour reveilles, on s’est leves et on est allés se balader le long de la plage avant de prendre un petit dej et de deguerpiller aussi vite que possible. Direction Petchaburi.
Nous avons du nous arrêter une ou deux fois pour échapper a la pluie, mais nous arrivons finalement a Hat Chao Samran en milieu d’apres midi. Nous prévoyons de rester deux nuits de suite ici histoire de faire un break, nous cherchons donc une petite guest house sympa pas trop loin de la plage. Malheureusement, la proximité avec Hua Hin, spot très prise par les touristes friques en quete de resort 4 etoiles et cours de golf, fait que les prix sont exorbitants. Nous trouvons finalement une guest house a prix raisonnable, propre et confortable mais rien de charmant. Mais au moins ils nous laissent garer nos motos dans le lobby / restaurant pour la nuit…

13 mai – parcourus : 0 km
Journee de repos. Le matin, grasse mat’ et lecture. L’apres midi nous partons pour la grande ville voisine de Petchaburi pour faire des courses pour nous faire a diner. Sur le chemin du retour, nous décidons de nous arrêter au Palais en haut de la colline qui surplombe toute la ville. Le palais est superbe et envahis par des centaines de singes qui désormais vivent la. Nous ratons le dernier téléphérique pour redescendre et devons utiliser le chemin qui, bien que partant du meme point que le téléphérique en haut de la colline, zig-zague jusqu'à arriver très exactement… de l’autre cote de la colline, donc a l’oppose de l’endroit ou nous avons gare les motos. Dommage.

14 mai – parcourus : 170 km
Nous reprenons la route en direction de Kanchanaburi. La pluie nous talonne toujours de pres. Quelle que soit la direction et la vitesse a laquelle on va, les gros nuages noirs semblent toujours nous suivre. Quand ils deviennent vraiment trop proches, on s’arrete pour déjeuner. Dans un ranch.

On reprend la route apres le dej. Il y a des jours ou ‘ils’ sont tous de sortie. Les mauvais conducteurs. Le problème en Thailande c’est que ce sont tous des mauvais conducteurs pour nous. Ici les regles du code de la route sont treeeees différentes. Il est par exemple tout a fait acceptable de s’engager sur une grande route sans s’arreter ou sans meme regarder. Ici la regle est de gérer ce qui se passe devant toi, les autres derrière feront pareil. Si tu t’engage sur une route, les autres vehicules sur ladite route sont censés te contourner. Donc si toi tu es sur une grande route a 50 km/h, quelqu’un peut tout a fait debarquer devant toi a 15 sans meme regarder. C’est normal. Ca arrive tout le temps, tous les jours. Les gens ne mettent meme pas leur cligotant. En plus de ca, tu as ceux qui vont a contresens. Ici en Thailande, toutes les routes sont séparées par un terre plein central ; le prochain endroit pour faire demi tour peut parfois être a plusieurs kilometres. Alors les motos vont a contresens. Meme la nuit. Meme sans phares. Du bonheur quoi.
Dans l’apres midi nous décidons de nous arreter pour faire un break et visiter une grotte. L’endroit est tenu par les moines du monastère du coin. Dans la grotte, on trouve des statues de Bouddha, mais egalement un lieu de reserve aux offrandes. Ce qui est intéressant avec le bouddhisme, c’est que si tu prie pour quelque chose, tu laisse en offrande un objet qui represente ce que tu attends. Parfois on trouve sur les autels des piles de billets de Monopoly, ou des modeles réduits de maisons ou de voitures. Apparemment ici, quelqu’un prie pour plus de constructions, ou plus de chance dans le business de la construction…
Nous reprenons la route tranquillement apres ce stop. La route pour Kanchanaburi est l’une des plus agréables qu’on ai eu jusqu'à présent. Il y a très peu de circulation, et cette belle route toute neuve slalomme gentiment a travers la campagne, au mileu de gigantesques arbres en suivant les courbes de la rivière Kwai…
15 mai – parcourus : 0 km
Nous décidons de prendre un jour de repos a Kanchanaburi. La ville est assez touristique et il y a beaucoup de choses a voir. D’abord nous allons jeter un œil au pont de la rivière Kwai, passage obligatoire, puis nous passons plusieurs heures au musée qui retrace l’histoire du chemin de fer qui traverse le pont, batti pendant la deuxième guerre mondiale, et dont la construction couta la vie a des dizaines des milliers de personnes (pour être détruit tout de suite apres la fin de la guerre…). Nous profitons également d’etre dans une grande ville pour faire réviser nos mobylettes, que nous soumettons a rude épreuve, et pour nous gaver de nourriture occidentale dans un délicieux petit restau ou nous retournerons 3 fois en un jour et demi… Le reste de l’apres midi est passe a barboter au bord de la piscine de l’hotel, et bouquiner sur une chaise longue. Evidemment, comme nous ne prenons pas la moto ce jour, il ne tombera pas une seule goutte de pluie…
16 mai – parcourus : 220 km
Nous quittons Kanchanaburi tot dans la matinee et nous arrêtons quelques heures plus tard au barrage de Dan Chang ou nous dégustons un somptueux déjeuner thaï. Nous nous baladons rapidement le long du barrage, mais les énormes nuages noirs qui nous suivent nous poussent a reprendre la route au plus vite. Pour éviter la nationale, nous prenons une petite route de traverse qui longe le lac cree par le barrage. La route se transforme rapidement en un chemin de terre un peu caillouteux. Pas de problème, les Dreams peuvent passer partout. La route n’est pas si mauvaise et les paysages sont absolument magnifiques. La on est vraiment en pleine campagne. Nous passons de nombreuses petites maisons en bois perdues au milieu de gigantesques champs de canne a sucre ou d’ananas. Les rares thaïs que nous croisons sur leurs tracteurs nous regardent comme si nous étions des extra terrestres… Il n’y a problement pas des masses d’etrangers dans le coin… On a vraiment l’impression d’etre très loin de tout ; Bangkok et ces centres commerciaux remplis d’electronique sont définitivement très loin d’ici… C’est pour ca qu’on est partis faire ce trip, pour cette impression d’etre projetés dans un autre temps, ce sentiment d’etre loin de tout. La route en terre battue et les énormes nuages noirs qui nous suivent a distance ajoutent a la sensation de vivre une aventure. Probablement mon moment prefere de tout le voyage. Malheureusement, la route prend fin et nous arrivons a une jonction avec la grande route, qui n’apparaît pas sur notre carte… Un thaï soit saoul soit un peu derange essaye de nous dissuader de prendre la route de droite, mais nous n’arrivons pas a savoir s’il essaie de nous mettre en garde contre des trolls ou des ours géants… Alors nous prenons a droite.
Nous avions decide le matin que nous voulions passer la nuit a une source chaude que nous avons trouve sur la carte, mais quand nous arrivons a proximité, les routes qui figurent sur la carte n’existent pas. Et les routes que nous trouvons donnent toutes des informations contradictoires. Nous sommes dans le triangle des Bermudes de Thailande… Apres de multiples tentatives, demi tours et avoir pas mal tourne en rond, nous finissons par trouver la bonne route. Et nous arrivons a la source. Et c’est parfait. Un grand parc avec un lac de chaque cote, et au milieu des petites cabanes avec bains prives. Nous plantons nos tentes en face du lac (gratos) et chaque couple loue une petite cabane pour 20 bahts (40 centimes d’euros). La cabane contient une grande baignoire type jacuzzi que l’on rempli avec l’eau de la source, tellement chaude qu’elle doit être additionnée d’eau froide. Nous barbotons pendant un peu plus d’une heure, ravi d’avoir réussi a échapper a la pluie toute la journée…
Nous dinons au restaurant de la source, ou nous parvenons tant bien que mal a commander a manger avec l’aide de Ken, un retraite thaï a qui appartient le restaurant, ou pas. Il s’assoit a notre table et partage avec nous un délicieux repas. A la fin nous sommes plus que repus (la commande a ete un peu brouillon, nous avons beaucoup plus que nous avions commande), et avons bu plusieurs bières, tout ca pour 470 bahts (10 euros) pour nous quatre.
17 mai – parcourus : 170 km
Nous nous réveillons a la vue du lever de soleil sur le lac. Nous sommes les seuls dans le coin alors nous avons laisse les tentes ouvertes, La vue est splendide. Nous nous levons et allons prendre notre petit déjeuner, quand Keith arrive et declare que la carte routière a disparu. Il n’est pas d’excellente humeur. Le fait qu’il s’explose le doigt de pied contre un poteau, se fait piquer par une abeille et qu’un chat pisse sur son sac en l’espace de 10 minutes n’ameliore pas vraiment les choses… Nous défaisons tous nos sacs dans l’espoir de retrouver la carte. Mais non, la carte a définitivement disparu. Le triangle des Bermudes de Thailande a encore frappe… Nous reprenons finalement la route, Keith ayant passe beaucoup de temps a faire l’itineraire du voyage, il se souvient en gros du chemin a prendre, et j’avais imprime le programme avant de partir. La route pour quitter la source est absolument superbe, des montagnes en pain de sucre surgissent de tous cotes au milieu des rizières, ca me rappelle la baie d’Halong. 
Nous nous arrêtons pour remplir les réservoirs d’essence. Une gamine d’environ 15 ans vient nous servir. Sa station service est également sa maison et sa boutique : une pièce commune avec un lit et un canapé (et bien sur une télé), avec toilettes et cuisine a l’exterieur a l’arriere, et une autre pièce avec une étagère contenant divers produits de tous les jours, le petit arabe du coin, en somme. Elle vit la avec sa mère (peut être son père) et 3 gamins en bas-age que j’ai d’abord pris pour ses frères et sœurs mais qui sont très probablement ses enfants. La vraie Thailande. Tres loin de celle des touristes et des beaux prospectus sur papier glace.
Ce jour la nous faisons plusieurs arrêts, pour reposer nos fesses qui commencent vraiment a souffrir, mais aussi pour trouver notre route. Lors d’un arrêt a un petit temple sur le bord de la route, nous demandons a un camionneur si nous pouvons regarder sa carte routière pour nous assurer que nous sommes sur la bonne route. Il ne nous laisse pas seulement utiliser sa carte, il nous la donne… Vous voyez un camionneur en France vous laissez sa carte si vous etes perdu ???
Nous sommes maintenant assez loin de notre point de départ, comme en temoigne notre plaque minéralogique. A chaque arrêt, les locaux regardent notre plaque et poussent de grands cris de surprise et d’admiration. Une excellente façon d’engager la conversation ! Tous nous souhaitent « chock dee », bonne chance.
L’apres midi, nous nous arrêtons dans l’un des endroits les plus bizarres que j’ai jamais vu ; aucun d’entre nous n’arrive a vraiment comprendre de quoi il s’agit. On dirait un centre commercial pour moines très riches. Comme un très grand dépôt rempli d’objets de culte bouddhistes qui ont l’air très cher. Etrange.

Nous nous arrêtons pour la nuit au Parc National Klong Lan. Nous trouvons un resort juste avant l’entree du Parc. Nous allons prendre la petite maison avec 2 chambres quand Rick demande a voir la chalet alpin qui se trouve juste a cote. 1400 bahts (28 euros), pour une maison avec un immense salon avec 2 grands lits, 2 chambres au premier etage avec la clim, 2 grands lits dans chaque chambre, 2 salles de bain avec eau chaude, frigo et mini cuisine et une grande terrasse donnant sur une petite rivière. L’endroit, avec tous les lits, peut loger jusqu'à 16 personnes (les thaïs n’ont pas tout a fait le meme sens de l’intimite que nous…). Nous décidons de dépenser les 500 bahts de plus pour rester dans le chalet alpin et partons en ville faire les courses pour préparer un diner a la casa. Ce soir la, on s’offrira meme une bouteille de rouge pour célébrer ca…
18 mai – parcourus : 160 km
On se leve et commence a se préparer un petit déjeuner de rois quand la proprio se pointe avec le petit déjeuner inclus dans le prix du chalet… Impossible de tout finir.
Nous quittons notre chalet pour nous diriger vers Kampeng Phet, une ancienne cite du Siam vieille d’environ 1300 ans. Nous nous baladons parmi les ruines et vistons le musée avant de nous rendre a Sukkothai. Nous nous baladons au coucher de soleil parmi les magnifiques ruines des temples de l’ancienne capitale du Siam.

Nous passons la nuit a Sukkothai, mais avec Rick nous avons decide de nous separer de Keith et Alex le matin suivant. Ils veulent faire tout le trip a moto et doivent être de retour a Khao Lak avant le 2 juin. De notre cote, nous souhaitions avoir un peu plus de temps pour nous relaxer pendant ces vacances, donc nous avions decide des le début que nous ferions l’aller, et que nous mettrions les motos dans la train pour le retour (oui, ici tu peux meme poster ta moto si tu le souhaite. Je ne plaisante pas.). Nous avons quelques jours devant nous, nous avons donc decide que nous voulions ralentir un peu le rythme du voyage, nous arrêter plus souvent et faire moins de kilometres dans une journée. Nous serons probablement un ou deux jours derrière eux, nous décidons donc de nous retrouver dans quelques jours a Chiang Mai, ou ils vont rester 2 jours.
19 mai – parcourus : 215 km
Nous voilà donc Rick et moi (enfin surtout Rick) a devoir trouver notre route tous seuls. Keith est plutôt doué et comme il avait fait tout l’itineraire lui meme, il avait tout naturellement pris l’avant du convoi. Maintenant que nous voilà sans lui, nous décidons de prendre les plus petites routes possibles. Ce qui nous a amene sur une des plus belles routes de tout le voyage, mais qui a considérablement augmente le nombre de kilometres parcourus… Nous traversons les plus petits villages possibles ; nous nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant (?) ou nous partageons le déjeuner avec un groupe de locaux qui mangent, tous assis sur une grande plateforme en bois. Pas de tables ni de chaises, juste des gens assis sur la plateforme. On s’assoit a cote d’eux et mangeons avec nous assiettes sur les genoux.
Pendant toute la première partie du voyage, nous avons longe les montagnes sur notre gauche. Cette fois ca y est, nous commençons a entrer dans les montagnes. Des petites routes sinueuses comme des cols de montagne. Comme nous continuons a conduire, nous savons que nous n’allons pas échapper a la pluie. Enfin elle nous rattrape, drue et épaisse. Il n’y a rien autour de nous pour s’abriter, pas de maisons, pas de commerces, rien. Enfin, apres quelques minutes nous trouvons un toit sur le bord de la route. Oui, juste un toit en bois et feuilles de bananiers, avec un banc en dessous, meme pas assez grand pour se tenir debout. Et Rick et moi dessous, attendant que la pluie cesse. Nous sommes au milieu la Thailande, a des kilometres de nulle part, sous un toit en feuilles de bananiers, avec nos deux petites mob garées a cote. Cool.
Nous passons la nuit sous la tente, dans le Parc National de Mae Ping. Nous n’avons pas de courant pendant une bonne partie de la soirée, que nous passons a discuter et boire quelques bières dans un noir absolu.
20 mai – parcourus : 113 km
Aujourd’hui fut l’une des plus belles journées, nous empruntons de super petites routes très sympa, et meme le temps est clément. Nous prenons une mauvaise route et devons faire demi tour, mais Rick et moi sommes plutôt contents de notre erreur, juste pour le paysage.
En début d’apres midi, nous arrivons au Parc National de Doi Inthanon, ou se trouve la plus haute montagne de Thailande. L’entree du parc est payante mais le camping est gratuit. Le camping n’a rien de spécial et n’a meme pas d’endroit couvert avec tables et chaises pour se refugier en cas de pluie. Mais les toilettes pour handicapes ont l’eau chaude…
Nous montons la tente et décidons de faire les 16km qui nous séparent du sommet le plus haut de Thailande. Pas a pied bien sur, mais en moto ; ici en Thailande, il y a des routes pour aller a peu pres partout. Nous prenons ma moto, qui est un peu plus puissante que celle de Rick mais qui malgré tout galere un peu a nous amener tous les deux en haut de ces routes sinueuses et bien pentues.
Nous redescendons au village pour le diner. Le Parc National est très grand et inclus plusieurs villages, dont celui ou nous campons. Nous trouvons un délicieux petit restaurant, a quelques minutes du camping. Nous dégustons notre diner en observant les locaux, en particuliers ceux qui appartiennent a ce qu’on appelle les « tribus des montagnes ». Ces personnes portent les memes costumes traditionnels depuis des siècles, et continuent a honorer leurs traditions. Au fur et a mesure que la « modernisation » s’insinue dans tous les recoins de la planète, ces gens sont de moins en moins nombreux, et déjà les plus jeunes portent des jeans et jouent a des jeux vidéos. Dans le nord de la Thailande, l’une des plus grandes attractions touristiques que vous trouvez dans tous les agences de voyages, c’est le trek qui vous emmènera « a la rencontre des tribus des montagnes », qui sont le plus souvent les descendants des vrais tribus, qui mettent de cote leur jean en allant au travail le matin pour enfiler le costume traditionnel comme on enfile un uniforme, vendent aux touristes de produits « faits main» et posent pour la photo pour la modique somme de 5 dollars. Un peu comme les fameuses femmes girafes que l’on trouve au nord du pays. La tradition s’etait éteinte au début du siècle jusqu'à ce que quelqu’un realise que ca pourrait être une attraction touristique très lucrative. Depuis, la tradition a ete « réimplantée » et le touriste lambda peut aller « a la rencontre des femmes girafes ». Genial. Mais quand tu t’arretes dans un village comme celui la, tu es content d’avoir fait tout ce chemin parce que tu sais que ce n’est pas une attraction pour touristes. C’est la vraie vie de ces gens qui sont nes la et qui perpétuent les traditions. Mais tu sais aussi que dans 20 ans, ils porteront tous le costume pour accueillir les touristes dans la visite d’une « authentique » tribu des montagnes. Deja les jeunes sont en jeans, et nous ne voyons personne de moins de 60 ans en costume traditionnel.
21 mai – parcourus : 97 km
Nous nous réveillons le lendemain matin apres une nuit de déluge. Voyant que la pluie ne faiblissait pas, nous avons rappatrie la tente dans un endroit couvert. Mais quand nous nous réveillons le lendemain matin, la pluie n’est qu’un lointain souvenir et les rayons du soleil levant a travers les pins forme un paysage magnifique.

Nous prenons notre petit déjeuner dans le meme petit restaurant puis prenons la route pour Chiang Mai. Chiang Mai est la deuxième plus grosse ville du pays apres Bangkok, avec son aéroport, sa gare, ses centres commerciaux et nombreuses attractions touristiques. La première chose que nous faisons en arrivant est d’aller a la gare pour réserver nos billets de train et prendre des informations sur le transport des mob par train. Cela s’avere plus facile et moins cher que prévu, ce qui n’est pas souvent dans ce pays. Le prix du billet pour les mob est quasiment le meme que pour nous et il nous suffit de venir une heure a l’avance pour les enregistrer.
Nous passons l’apres midi et la soirée avec Keith et Alex. Ils quittent Chiang Mai le lendemain pour reprendre la route en direction de Khao Lak. Quant a nous, nous essayons de prévoir notre prochaine semaine avant de reprendre le train pour le sud.
Nous lisons dans les guides que Chiang Rai est une petite ville tranquille, et meme si aucun d’entre nous n’y est jamais allé, nous décidons d’aller voir a quoi cela ressemble ; les 180 km de distance qui séparent Chiang mai de Chiang Rai devraient etre facilement faisables en une journée.
22 mai – parcourus : 201 km
En quittant Chiang Mai, nous retrouvons un magnifique paysage de montagnes et de rizières. Cela nous conforte dans notre idée que Chiang Rai est le bon choix. Quand on habite toute l’annee sur une ile, c’est agréable de trouver un endroit dans les montagnes pour se relaxer. Bref, on est impatients d’arriver a Chiang Rai.
Malheureusement, quand on arrive la bas, ce n’est pas vraiment ce qu’on espérait ou qu’on avait lu dans les livres. Chiang Rai n’a rien d’une petite ville tranquille, c’est plutôt une grosse ville tout en beton bien moche avec plein de monde et plein de bruit. Pas vraiment l’endroit reve pour passer une semaine de repos… 
Apres avoir tourne un long moment, nous avons finalement trouve une chambre dans une guest house plutôt décente. Il y avait meme une petite piscine qui nous a permis de nous relaxer et d’oublier notre déception. Dans la soiree nous parlons avec un anglais qui habite Chiang Rai depuis des années et lui expliquons ce que nous recherchons. Il nous conseille d’aller a Doi Mae Salong. Soit. Nous partirons demain.
23 mai – parcourus : 159 km
Doi Mae Salong est a seulement 60 km de Chiang Rai, nous pensions donc pouvoir faire le trajet en a peu pres une heure. Les 30 premieres kilometres étaient de l’autoroute, mais les nombreux feux rouges nous ont considérablement ralentis. Lorsqu ‘enfin nous quittons l’autoroute, nous retrouvons nos petites routes de campagne, et de nombreux panneaux pour des hôtels ou resorts. Cette fois ci c’etait sur, nous allions trouver notre petit coin de paradis.
Malheureusement il nous fallu beaucoup plus que temps que prévu pour arriver a Doi Mae Salong car la route est très pentue et très, très sinueuse. En fin de compte nous sommes arrive en début d’apres midi et une fois encore nous n’avons rien trouve. La majorité des chambres a louer sont des petits cubes en ciment avec juste un lit et un petit balcon ; les deux meilleures chambres que nous avons trouve étaient plus sympathiques mais sans fenetre. Bref, rien qui ne nous donne envie de passer la semaine la.
Il était encore relativement tot dans la journée, alors nous décidons de  retourner sur la route par laquelle nous étions venus pour essayer de trouver une chambre. La encore, tout ce que nous trouvons est déprimant, ou hors de prix. Quand nous trouvons enfin l’endroit idéal, la proprio nous annonce 2000 bahts par nuit. 2 fois notre budget max. 4 fois le prix des autres chambres que nous avons vu avant. Nous lui disons que nous souhaitons rester 6 nuits, mais que nous ne pouvons que payer 1000 bahts par nuit. En dépit du fait que c’est la basse saison et que ses 10 chambres sont toutes vides, sans probablement aucune chance de les louer dans les prochains jours, elle refuse. Elle prefere gagner 0 que 6000 bahts. La logique thaïe.
Pour couronner le tout, comme c’est la basse saison, de nombreux resorts sont fermes. A plusieurs reprises nous trouvons l’endroit parfait, mais il n’y a personne. Ca n’avait pas vraiment l’air ferme, mais pas vraiment l’air ouvert non plus. Parfois on suit des panneaux qui indiquent un resort dans cette direction, puis tout a coup plus de panneau, et toujours pas de resort. Et la plupart du temps, ces resorts sont au bout de chemins de terres defonces, ou en haut de collines abruptes ; et nous conduisons des petites mob avec des pneus de route et nos sacs a dos sangles sur la place du passager. Je peux vous dire que j’ai ameliore mes compétences de conduite off-road…
Une fois meme, nous suivons un chemin qui annonce « resort 5 km ». Apres 8km (les thaïs n’excellent pas dans l’estimation des distances…) de chemin de terre, nous arrivons au bout de la route. La se trouve un lac, un ponton, un bateau et le resort de l’autre cote, qui a l’air ferme de toute façon. Dans notre quete pour rester en dehors des chemins battus, nous sommes peut allé trop loin…
Nous retournons donc passer la nuit dans le seul hôtel décent que nous avions trouve ce jour la. Pour être honnête, il était meme plutôt charmant mais il manquait le petit quelque chose qui faisait que nous voulions y rester une semaine entière et surtout il était a des kilometres du moindre village. Nous décidons donc de repartir le lendemain. Nous irions a la frontière nord pour faire notre visa run en Birmanie (les étrangers en Thailande doivent quitter le territoire tous les 15 / 30 ou 90 jours, selon le type de visa – et notre visa était presque expire), puis nous redescendrions vers Ta Thon, qui semblait sympathique. Derniere chance. Nous prendrions une chambre la bas, la meilleure chambre que nous trouverions, quelle qu’elle soit, et nous y resterions 5 jours. 
24 mai – parcourus : 145 km
Notre visa run fut l’un des moins douloureux que j’ai jamais fait… Depuis Koh Tao, il s’agit d’un voyage de 18 heures : bateau de nuit – minivan – bateau – 5 minutes en Birmanie – bateau – minivan – bateau ; cette fois nous avons conduit jusqu'à la frontière en 45 minutes, traverse a pied et 5 minutes plus tard nous étions de retour en Thailande avec des tampons tous frais dans nos passeports !! Nous voilà au point le plus septentrional de la Thailande, a partir de maintenant, chaque kilometre a moto ne fera que nous rapprocher du retour a la maison.
Nous avons trouve Ta Thon très facilement, mais juste pour nous faire râler, il s’est avere que c’etait juste a cote de Doi Mae Salong. Nous aurions pu venir hier. Bref. Le premier resort que nous trouvons nous annonce un exhorbitant 3000 bahts par nuit. Hors de question. Le deuxième resort est l’un des plus cools que j’ai jamais vu. Bien mieux que ce qu’on espérait, mais aussi plus cher, a 1400 bahts par nuit, quand notre budget est de 1000 bahts. Nous continuons donc a chercher en ville mais nous ne trouvons vraiment rien de très excitant. Au diable l’avarice. Nous décidons de grever le budget et de s’offrir 5 nuits dans une des plus belles chambres dans laquelle j’ai dormi. La chambre était immense, avec un grand lit a baldaquin et un matelas bien confortable (chose rare en Thailande), un coin salon, un coin bureau, un frigo plein et gratuit (oui oui), salle de bain avec 2 lavabos et douche chaude, toilette a part avec chasse d’eau (la plupart des toilettes en thailande n’ont pas de chasse d’eau mais une bassine qu’on remplit d’eau pour ensuite la vider dans les toilettes), une gigantesque télé avec le satellite (pour que je puisse regarder les infos de TV5 Monde en français, ce qui ne m’est pas arrive depuis 6 mois), lecteur de DVD, stéréo… Et devant une grande terrasse avec vue sur les montagnes, avec chaises longues et verger plein de mangues… Le proprio, Paulo, un français, a construit de ses mains les 4 bungalows du resort, ainsi que sa maison et la piscine. Ah oui, j’avais oublie, il y aussi une piscine… Sa femme est thaïe et nous prepare tous les matins un délicieux petit déjeuner. Pendant la journée, elle nous apporte des milkshake de fruits du jardin. Le prix comprend aussi l’acces a la vidéothèque et bibliothèque perso de Paulo, le proprio, (je me suis donc gave de livres en français) mais aussi internet et nettoyage des vêtements. A ce point la du voyage, nous n’avons presque pas eu l’occasion de faire de lessive. Nous leur donnons donc presque tout le contenu de nos sac a dos. Rien que pour l’equivalent de 2 semaines de lessive, ca valait le coup de payer un peu plus cher… ;-)

25 au 28 mai – parcourus : 0 km
Voilà enfin les quelques jours de repos auxquels nous aspirions tant. Le matin grasse matinee avant d’aller prendre le petit déjeuner au bord de la piscine. Puis retour au bungalow, ou nous passons quelques heures a bouquiner ou écrire notre journal. Dejeuner en ville puis retour au resort pour paresser dans la piscine avec un verre de Rhum-Coke a la main. Le soir, diner en ville ou au resort, puis soirée sur la terrasse a jouer aux cartes ou partager de longues discussions métaphysiques en contemplant les montagnes… Une fois meme nous sommes sortis de notre chambre pour aller visiter des grottes a proximité. Parfaitement. Rien de bien méchant je vous rassure tout de suite. Mais quand meme. C’etait la première fois que nous visitions des grottes sans guide ou sans lumière. Paulo nous avait donne deux lampes de poches et un plan pour y parvenir. 20 minutes pour traverser la grotte en suivant les fleches. Presque flippant.
Bref 4 jours a glandouiller et profiter de ne rien faire. Que du bonheur…
Le 29 mai nous avons prepare les bagages et les motos pour la dernière fois. Parcouru les derniers 180 kilometres qui nous séparaient de Chiang Mai. Mis les motos dans le train. Fastoche.
Il nous a fallu 2 jours pour parcourir en train les kilometres qui nous séparaient de Khao Lak et qui nous avaient pris deux semaines a faire a moto.
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrete a Bangkok pour faire quelques courses, a Chumphon pour enfin vendre le 4x4 de Rick et a Khao Lak pour rendre la moto de location qui m’a emmene jusqu’au nord de la Thailande. Et nous voilà de reour a Koh Tao, des souvenirs plein la tete, des photos plein l’appareil et pas vraiment envie de reprendre la boulot…
Ce voyage a ete super, nous avons découvert des aspects de la Thailande tout a fait nouveau et avons l’impression de connaître ce pays un peu plus. Nous sommes tous les quatre d’accord que nous voudrions vraiment refaire un voyage comme celui ci l’annee prochaine. Mais avant de partir, on installera un siege plus confortable sur nos motos. Beaucoup plus confortable. Aie.