Showing posts with label France. Show all posts
Showing posts with label France. Show all posts

Sunday, April 14, 2013

C'était donc ça.

Et voilà. Ca y est. Je l'ai fini. Le marathon de Paris. Oui Madame. Et même que c'était vachement bien.

Mais quand même, on a beau savoir qu'on va courir un marathon, il faut du temps pour intégrer l'idée. Pour ma part, ça s'est fait en deux temps :

- quand j'ai vu la la tracé dudit marathon :





Oh. Putain. de. Merde. Dans quoi est-ce que je me suis embarquée.







- le Jour J, à l'arrivée sur les Champs Elysées :


On avait tout préparé la veille (surtout ne rien oublier, surtout ne rien oublier) : les vêtements de course, les vêtements chauds en attendant le départ, le dossard, les pansements anti ampoules, l'ibuprofen en cas de problème, la montre GPS, la musique, l'appareil photo, dîner de pâtes avec les copains du marathon. Bon, tout y est. 22h, dodo.

Debout 6h le lendemain pour prendre le petit dèj suffisamment longtemps avant la course, puis départ vers les Champs où on retrouve notre groupe (principalement des anglais, qui viennent courir le marathon de Paris tous les ans. On les a rencontré sur le forum de RunnersWorld). On se change, on prépare les sacs à mettre à la consigne, on retrouve les personnes avec qui on va courir la course, et l'obligatoire photo de groupe.


Les groupes se séparent, chacun prend la direction de son sas en fonction de son objectif de temps de course. Je prends la direction de mon sas (4h30 et plus) accompagnée de Duncan, Emmy et Sal, qui ont le même objectif temps que moi. Sur la ligne de départ, tout devant il y a les les sportifs handisports, les premiers à partir, puis les élites, qui finissent la course en environ 2h06. Puis les coureurs sont divisés en sas, de objectif 3h à objectif 5h30. Chaque sas par avec 10 à 15 min d'écart. Ce qui fait que les élites partent à 8h45, mais que mon groupe ne part pas avant 9h48. Et malgré le soleil, il fait froid. Super froid. Heureusement, on a prévu, et on est allé acheter des vêtements chauds d'occas chez Emmaus il y a quelques jours et qu'on pourra laisser derrière nous au moment du départ.

 
Notre sas, le dernier, est plein. Les coureurs se tiennent chaud en trottinant, sautant sur place, dansant et chantant nos bons vieux tubes français des années 80... Nous sommes assez loin de la ligne de départ mais nous entendons la rumeur du départ des premiers coureurs. L'excitation monte, malgré mon manque d'enthousiasme évident de ces dernières semaines, je suis impatiente. On avance petit à petit, enjambant les tas de vêtements que les coureurs devant nous ont laissé au moment du départ. La foule des spectateurs sur les cotés est dense. Ils viennent encourager leurs proches et admirer le départ du deuxième plus grand marathon au monde après celui de New York (c'est officiel depuis cette année, Paris a battu des records et les 42,000 coureurs au départ l'ont propulsé de la 5ème à la seconde place) Nous arrivons finalement sur la ligne de départ, un peu avant 10h. C'est parti. 

Descente des Champs Elysées (en descente donc sympa), puis le long de la rue de Rivoli. Nous démarrons lentement pour conserver nos forces. Les autres coureurs autour de nous en font autant. Il y a de tous les genres, de tous les âges. De nombreux coureurs portent des t-shirts pour une cause qu'ils soutiennent, certains sont déguisés (y'en a même un qui porte une mini tour eiffel - d'environ 2m quand même !), et certains courent en équipes ou poussent des fauteuils roulants. L'ambiance est extrêmement chaleureuse, tout le monde est content d'être là, ça discute, ça s'encourage, ça se soutient. Louvres. Chatelet. Hôtel de Ville. Kilomètre 5, nous arrivons à la Bastille, premier ravitaillement. La foule est dense (parfois trop et empiète un peu sur l'espace de course...). Le public nous acclame (Allez Allez!), et beaucoup portent des pancartes avec des messages personnels ("Papa t'es le plus fort"), d'encouragement, ou d'un tout autre genre ("courez comme si vous étiez tout nu" !...). Les pompiers également sont présents tout le long de la course, en rang d'oignon le long du parcours, ou carrément montés sur les échelles de leurs camions.

Nous descendons la rue du faubourg Saint Antoine puis la rue de Reuilly où nous attend le groupe de non-coureurs du forum de RunnersWorld. Premier stop, on prend des nouvelles des coureurs qui sont devant, on pose pour la photo et on repart. Avenue Daumesnil. Ca monte un peu, mais on a encore plein d'énergie alors ça ne nous pose pas trop de problème. Porte Dorée, on entre dans le Bois de Vincennes. On court toujours à une allure plutôt relax et mes jambes semblent pour le moment tenir le coup. Nous continuons sur l'avenue Daumesnil en longeant l'extérieur du bois bordé de pavillons tout du long. Kilomètre 10, deuxième ravitaillement, je m'arrête une minute pour prendre une bouteille d'eau. On repart. Les jambes vont toujours bien, je suis toujours motivée et la compagnie de mes camarades du forum est d'une aide précieuse : on bavarde, on échange commentaires et sensations et ça fait passer le temps beaucoup plus vite. On débouche sur le chateau de Vincennes, magnifique. Grand soleil, l'air commence à se réchauffer, des groupes de musique sont présents tout le long du parcours. C'est comme une grande fête. Au pas de course. 

Ravitaillement, on s'arrête quelques minutes, je m'offre un morceau de banane et un quartier d'orange histoire de prendre des vitamines. Nous sortons du Bois de Vincennes au kilomètre 19 et rentrons à nouveau dans Paris par la porte de Charenton. Nous remontons la rue de Charenton et l'avenue Daumesnil. Toujours beaucoup de public et de groupes de musique mais cette partie là me parait tout à coup très longue. On a pas changé de rythme mais j'ai l'impression que ça n'avance pas. En plus mon genou commence à tirer un peu. Des immeubles qui se ressemblent, des croisements, des feux, des montées. J'en garde un souvenir assez flou. Nous longeons la voie verte et là mon genou commence à me faire mal. Heureusement, j'avais prévu le coup : je prends un ibuprofen (en plus des deux que j'ai pris juste avant le départ de la course). Nous arrivons enfin à la Bastille. Ravitaillement, une banane pour faire passer l'ibuprofen. 

Nous descendons sur les voies sur berges. L'ibuprofen fait un peu d'effet, ça va déjà mieux. En plus c'est assez magique de courir le long de la Seine, malgré les tunnels qui semblent plomber le moral de tout le monde, surtout le premier tunnel, qui n'en fini pas. Heureusement on fini par arriver au bout et nous voilà de retour au soleil. Les spectateurs se massent sur les ponts au dessus de nous et nous crient des messages d'encouragement. Mes camarades ont aussi des bobos alors nous nous arrêtons pour marcher plus régulièrement. Autour de nous, d'autres coureurs commencent également à ralentir la cadence. Certains s'arrêtent même, mais jamais pour longtemps car il y a toujours un autre coureur pour les prendre par la taille et les motiver à repartir. 

Kilomètre 26, devant le Musée d'Orsay. Je peine un peu. Rien d'étonnant. Lors de notre entrainement super court (pour des raisons de blessure et de sérieuse démotivation, nous n'avons pris que 6 semaines de préparation, alors qu'il en faudrait 12 à 16), ma sortie la plus longue a été de 24km. Je n'ai donc jamais couru aussi loin. De ma vie. Mes jambes me font donc comprendre que je pousse un peu. Mais je me remotive. Je me rappelle mes premiers pas de coureuse il y a 3 ans, quand je ne pouvais pas arriver au bout d'un seul kilomètre. Ca me donne toujours un regain d'énergie. Les spectateurs aussi, surtout la dame avec sa pancarte "Attendez... Vous avez payé pour faire ça ???" :-) 

On continue le long du Quai Branly, avec une magnifique vue de la Tour Eiffel. Malheureusement les tunnels avec leurs descentes / montées, empirent les bobos de mes camarades, qui décident de marcher plus que de courir. Nous nous séparons donc, vers le kilomètre 29, et je continue seule (moi et 39,999 autres coureurs...). Je monte le son de mon ipod. Reprend une banane au ravitaillement du Trocadéro. C'est reparti. Avenue du Président Kennedy. Maison de la Radio. Ca va toujours, même si mon genou et ma hanche me font un peu mal. Je marche de temps en temps, puis je repars. De plus en plus de coureurs ralentissent et marchent. Nous bifurquons à travers le 16ème direction Porte d'Auteuil où nous rentrons dans le bois de Boulogne. Je commence à fatiguer, mais le moral est bon, je persévère.

Kilomètre 35, puis 36. Aie. Ca commence à devenir vraiment dur. Je rencontre ce que les coureurs appellent communément "le Mur". C'est presque comme un mur physique. Les jambes pèsent une tonne, chaque pas est une bataille. Je ne vois plus vraiment ce qui se passe autour de moi, je suis complètement absorbée par cette bataille interne contre le mur. J'ai lu hier soir dans un magazine que sur un marathon, la course commence au kilomètre 35. Je confirme. Mon genou me fait vraiment mal. Je reprends un ibuprofen. Je continue pendant 2 km, alternant course et marche. Puis le mur s'effondre. Je vais pas vous mentir, je ne suis pas fraîche et dispose comme au moment du départ, mais courir n'est plus une bataille de tous les instants. En revanche mon genou me fait de plus en plus mal. L'ibuprofen fait peu d'effet. Je termine les kilomètres suivants en alternant marche et footing (on peut plus vraiment parler de course). Autour de moi c'est l'hécatombe. Une grande partie des coureurs marchent. Certains sont assis sur le trottoir et se massent les jambes. Les problèmes de genoux et de chevilles semblent être plus que communs et nombreux sont les coureurs qui boitent à ce stade de la course.

Kilomètre 40. Plus que deux. C'est presque fini, je n'en reviens pas d'être allée aussi loin. Et à part mon genou, je ne me sens pas si mal que je l'imaginais. Je dépasse même le coureur à la Tour Eiffel (qui est parti en tout premier), et qui semble vraiment en chier. Kilomètre 41. Je reprends la course, je veux finir en courant. La foule s'épaissit, les acclamations sont fortes, les émotions aussi. Je suis presque arrivée ! Je remonte l'avenue Foch en allant aussi vite que je peux (et croyez moi, c'est pas fulgurant) et fini mon premier marathon en 5:07:28 ! Passé la ligne d'arrivée, je m'arrête quelques instants pour regarder la longue succession des coureurs qui passent la ligne, affichant bonheur, soulagement, douleur et parfois tout ça en même temps.

Je me dirige vers les consignes pour récupérer mon sac, sur un petit nuage. Je pensais terminer en rampant et je suis toujours debout, et je marche même ! Je suis super fière et aussi soulagée d'avoir fini !
Je retrouve mon chéri, qui est super content lui aussi : premier marathon depuis 12 ans, et son meilleur temps 3:58:29, en dessous de 4h, comme il le souhaitait.



Nous mangeons un morceau avant de rentrer à la maison pour une douche et un repos bien mérité avant de retrouver le soir nos amis au Pub pour célébrer tout ça autour d'un verre.

Les jours suivants seront un peu moins glorieux et beaucoup moins actifs, et nous reprenons une vie normale à partir du mercredi suivant seulement.



Aujourd'hui, une semaine après, je dois dire que je ne me rappelle de cette journée que les bons cotés : la solidarité, l'ambiance, le dépassement de soi, le sentiment d'accomplissement en franchissant la ligne d'arrivée. Je note aussi que si j'étais complètement démotivé et même un peu dégoutée par la course à pied avant la marathon, maintenant je suis plus motivée que jamais et il me tarde de reprendre l'entraiment pour le Marine Corps Marathon à Washington le 27 octobre prochain ! Si c'est pendant vos vacances, venez nous encourager... ;-)

Thursday, March 14, 2013

La traite quotidienne

Après ce petit intermède breton, nous rentrons sur Paris : Rick prépapre ses valises pour repartir immédiatement en Normandie, quant à moi, je reste sur Paris pour essayer de trouver quelques missions d'intérim en attendant que mon contrat ne commence officiellement à la ferme.



Je rejoins donc Rick fin septembre pour commencer notre nouveau travail à la ferme. Les Costils est une ferme familiale dans le Calvados, à une quinzaine de kilomètres de Lisieux. Le propriétaire a repris la ferme de ses parents et produit principalement du lait certifié AB grâce à son troupeau de 35 vaches laitières (des vaches normandes bien entendu). Il a également un troupeau d'une centaine de limousines, des vaches à viande. Il produit également de la viande de veau biologique. Son exploitation fait environ 150 hectares, divisées en une vingtaine de pâturages à cheval sur 2 collines. D'un coté se trouvent les bâtiments d'habitation : la maison des proprétaires (typique normande, colombages, grandes cheminées et retapée avec goût), notre maison, baptiséé Garden House car elle se trouve juste devant le potager : une cuisine / pièce à vivre, et deux chambres. Malheureusement, les locataires précédents, qui travaillaient sur la ferme, on laissé la maison se dégrader et tout est à refaire, ce qui est le travail de Rick. Il y a également une ancienne grange, dont la premier étage a été transformé en loft, et qui accueille les wwoofers (le RdC est le domaine des poules et des chèvres...), le Cottage, loué à la semaine comme gîte, et enfin un bâtiment contenant une dizaine de box à chevaux, dont certains servent aujourd'hui de débarras. De l'autre coté du domaine se trouve la laiterie, une ancienne étable où l'on traie les vaches matin et soir.
Le boulot de Rick consiste donc à rénover notre maison, mais aussi à faire des petites réparations / améliorations sur la ferme et enfin fabriquer une pièce pour accueillir la nouvelle citerne de lait pour la nouvelle laiterie (j'y reviendrai dans un futur article).
De mon coté, je suis en charge de la traite, que je fais matin et soir 6 jours par semaine. Bon, si vous êtes comme moi il y a un an, vous n'avez aucune idée de comment tout ça se passe... Je vais donc vous raconter un peu comment se passe une journée typique... La première traite s'effectue le matin à 7h. En été, quand il y a encore beaucoup d'herbe, les vaches passent la nuit dans les pâturages. La première chose à faire donc est d'aller chercher les vaches, puis de les 'pousser' vers la laiterie. Certaines sont pressées d'y aller (parce qu'on leur donne du grain), mais d'autres ne font absolument aucun effort... Parfois il faut presque physiquement les pousser pour qu'elles y aillent... (elles ont leur petit caractère...) Selon l'endroit où elles ont passé la nuit, cela peu prendre jusqu'à 30 min pour les pousser. En hiver en revanche, quand il n'y a plus d'herbe, on leur donne du foin et donc on les laisse juste à coté de l'étable. La laiterie peut recevoir une petite vingtaine de vaches à la fois, nous faisons donc la traite en deux parties. Mais on ne laisse pas rentrer les vaches dans n'importe quel ordre. Car oui mes amis, la vache est une créature d'habitude et si on les laisse entrer dans le désordre, c'est le chaos. Il y a donc les vaches du premier tour, et les vaches du deuxième tour. Et figurez-vous qu'elles savent très bien à quel tour elles appartiennent. Non seulement ça, mais au sein de l'étable, elles ont également leur place attitrée et savent où se mettre. Attention ceci dit, ce n'est pas parce qu'elles savent qu'elles y vont... Ya toujours une vache plus maline que les autres pour aller manger dans l'auge de sa voisine avant de rejoindre la sienne... Si elles sont d'humeur, elles organisent de grandes parties de vaches musicales et alors là pour les remettre dans le bon ordre, c'est l'horreur... Bref, en partant du principe que chaque vache est à sa place, on peut alors installer les trayeuses et traire les vaches (à la machine), quatre à la fois. Pour chaque vache, il faut entre 5 et 10 minutes; cela varie en fonction de chaque vache (certaines produisent plus ou moins de lait), de la saison (les vaches produisent plus de lait en été qu'en hiver - une question de régime alimentaire), mais aussi en fonction de leur cycle de lactation. Je m'explique : pour qu'une vache produise du lait, il faut qu'elle fasse un veau (terme technique, qu'elle vêle) - je vous rassure, avant de travailler dans une ferme, moi non plus je n'avais jamais vraiment réalisé ce fait pourtant élémentaire...- en général, le veau lui est retiré quelques jours après le vêlage puis placé à l'écart, avec les autres petits veaux des autres vaches. A la suite du vêlage, la vache va produire du lait pendant environ 10 mois (sachant qu'elle en produit de moins en moins, d'où la différence en fonction de leur cycle de lactation). Les veaux eux sont mis à part et nourris au biberon, puis au grain. Les femelles sont gardées pour agrandir le troupeau de vaches laitières, les mâles... des côtelettes... :-( Bref, je m'égare. Une fois les deux tours terminés, on sort les vaches, on nourris les veaux et on nettoie la laiterie. En été, il faut également pousser les vaches vers un herbage frais pour la journée. Tout ça prend en tout entre 2h et 3h30, et à 18h, on remet ça ! Tout ça est très physique (et aussi très tôt le matin...) et franchement crevant, mais j'ai appris plein de trucs, et surtout que les vaches c'est super sympa, et super câlin !!!

Thursday, November 22, 2012

De Salzbourg à Rupt sur Moselle

Après notre séjour Franc-comtois, nous avons profité d'être dans l'est de la France pour aller faire un petit détour par l'Allemagne et l'Autriche pour rendre visite à deux couples d'amis avec qui nous travaillions en Thaïlande et qui, comme nous, on abandonné le climat thai, la plage, le sable fin pour les rudesses de l'hiver européen. Nous passons tout d'abord quelques jours à Munich chez Marcel et Kathi, où, pour être honnête, nous ne faisons pas grand chose... Trop contents d'avoir une belle maison confortable avec accès à internet, nous passons nos après midi lovés dans le canapé avec nos ordis ou un bon bouquin, et nos soirées à papoter avec nos amis autour d'un bon verre de vin... Puis nous reprenons la route (il semble que nous passons plus de temps dans le voiture que n'importe où ailleurs ces temps-ci...) pour Salzbourg, où nous sommes accueillis comme des rois par Ally et Darren. Outre les apéros  dans les nombreux beergarten de la ville et les soirées barbecue sur leur balcon, nous sommes un peu plus actifs et profitons d'un passe de 2 jours pour aller visiter la maison de Mozart, le Chateau Hohensalzburg qui domine la ville, le jardin Mirabell et les jardins aquatiques du palace de Hellbrunn. Nous profitons également du fait que nos amis habitent juste à coté d'un sentier de rando pour aller courir plusieurs fois.

 




Sur la route du retour, nous nous arrêtons pour visiter le "Chateau de Walt Disney", le chateau de Neuschwanstein, enfin en tout cas l'extérieur du chateau puisque nous arrivons trop tard pour la dernière visite (3 heures d'attente pour la prochaine visite ! Entrée 10 euros, Parking 5 euros, et navette en plus !... Faut être motivé...).




Enfin, après de nombreuses heures de route, nous arrivons enfin, vers 21h, à notre nouvelle destination, Rupt sur Moselle, dans les Vosges. Cette fois ce n'est pas une ferme, mais une famille qui construit un gîte en utilisant des méthodes d'éco-construction. Malgré notre arrivée tardive, l'accueil est très chaleureux et Treacle et Laurent nous installent même dans leur propre chambre, qu'ils viennent juste de terminer, avec une magnifique vue sur la vallée, pour que nous puissions avoir plus d'intimité... Sympa !! Leur maison est magnifique, une vieille ferme vosgienne qu'ils sont en train de retaper, uniquement avec des matériaux naturels. Laurent aime travailler le bois et a construit pour sa maison toutes les étagères et rangements, mais aussi deux magnifiques escaliers (dont j'ai bien entendu oublié de faire des photos). Les journées sont assez relax, le matin j'aide Treacle aux fourneaux pendant que Rick aide Laurent pour les travaux du gite, parfois une longue balade avec le chien dans la forêt vosgienne qui nous entoure. L'après midi je fais un peu de jardinage ou j'aide les garçons pour la travaux. Nous passons là deux semaines super sympa où nous apprenons également plein de choses : pour ma part, quelques bases de cuisine, des bons trucs de jardinage, mais nous apprenons aussi à faire un badigeon à la chaux (pour peindre l'extérieur de votre maison), des murs et des enduis en chaux et chanvre, et également de la peinture faite maison ! Rick travaille également sur un toit végétal pour la terrasse du gîte. En échange de quoi, je leur montre ce que j'ai appris aux Costils sur la fabrication du fromage. Bref, quinze jours très enrichissants, et comme en plus Treacle est une coureuse et s'entraîne pour une course, elle nous pousse à courir plusieurs fois par semaines ! Que demande le peuple ?...






Thursday, November 15, 2012

Communauté hippie et fermes comtoises




Bon, définitivement, il n'y a assez d'heures dans une journée, de journées dans une semaine et de semaines dans un mois pour faire tout ce que je voudrais faire... La preuve, ça fait déjà quatre mois et demi (!!!) que je n'ai pas mis à jour mon blog. Si ça continue il faudra que ça cesse.

Bon, comme je vais pas faire un post de 5 pages pour vous raconter 4 mois de balades, je vais faire plusieurs petits articles, sinon je vais devoir y passer la nuit...

Bref, après avoir quitté Les Costils avec la promesse d'y retourner à la rentrée pour y travailler, nous avons repris la route pour continuer nos pérégrinations et notre tour de France, qui pour le coup va se limiter à la Normandie, l'est de la France et la Bretagne, faute de temps. Après quelques jours à Paris pour régler (encore) quelques paperasses administratives, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers la Haute Saône, où nous devons passer 2 semaines à la ferme Jean Lemoine. L'endroit est très beau, en pleine forêt de sapins à la limite des Vosges, la ferme elle même est un magnifique exemple de l'architecture typique du coin et le jardin est rempli de véhicules fantasmagoriques, roulottes aménagées en chambres d'amis, et même d'une volière où s'ébrouent un couple de paons, le tout à 5 minutes d'un magnifique lac presque privatif puisque personne d'autre n'habite à coté. La ferme a un élevage de chèvre et produit son propre fromage, ainsi qu'un potager et une serre. L'activité principale est la traite des chèvres, le matin, et le jardinage, un peu l'après midi. Entre temps, pas grand chose, la ferme a plutôt des allures de communauté baba que d'exploitation agricole. Sympa pour quelques jours, mais comme nous voulons aussi en apprendre un maximum sur l'agriculture bio, on est vite frustrés. De plus,  les proprios et les wwoofers qui se trouvent là sont tous allemands, ce qui fait que pour que Rick perfectionne son français, c'est pas gagné non plus... En revanche, ils sont tous très branchés musique et malgré le flop de la fête de la musique (à Lure, la fête de la musique, c’est pas énorme), nous passons une super soirée au festival Rencontres et Racines de Audincourt. Quelques bons groupes, 3 scènes en alternance, pas trop de monde, entrée peu chère et super organisation... et des buvettes avec des gobelets consignés donc une fin de soirée sans tous les gobelets qui trainent partout et avec beaucoup moins de déchets ! C’est peut être parce que ça fait un bail que je suis pas allée à un festival et que maintenant c’est partout comme ça, mais j’ai trouvé cette initiative super cool !

Après 10 jours décidons de quitter la ferme pour aller faire un saut chez mon père et chez ma grand mère qui habitent tous les deux pas très loin et nous balader dans les environs et visiter un peu, notamment le musée des maisons comtoises, superbe musée en plein air qui regroupe une vingtaine de maisons traditionnelles de l’est de la France aménagées comme au début du siècle.

Wednesday, June 27, 2012

Les Costils - enclave de paradis au milieu de la Normandie

Bon, il est vraiment temps de mettre à jour le blog... C'est qu'il s'en est passés des choses depuis notre première ferme en Normandie avec les chèvres.

Après la ferme de Lucile, nous sommes donc rentrés à Paris pour quelques jours, histoire de rendre visite à mes chères administrations, puis nous sommes repartis en direction de la Normandie, au Mesnil Germain à quelques kilomètres de la première ferme. Les Costils est une ferme biologique tenue par Alain et Rebeka. L'activité principale de la ferme est la production de lait de vache. C'est la vraie ferme laitière comme on la voit sur les prospectus : 35 vaches normandes qui gambadent dans les champs toute la journée et qui sont traitent matin et soir. Et sur près de 140 hectares de pâturages, ça fait de quoi gambader !

La ferme compte aussi une cinquantaines de vaches et veaux à viande, quelques chevaux, des poules, une chèvre, un bouc, une oie, 4 chiens, un chat et quelques wwoofers. La ferme comporte un bâtiment principal où Alain et Rebeka habitent avec leur fils Nicolas (11 ans), une magnifique maison à colombages vieille de 300 ans qu'ils ont retapé dans un style très campagnard avec une superbe cuisine avec cuisinière à l'ancienne (une Aga pour celles qui connaissent), où Rebeka passe le plus clair de son temps à nous concocter de somptueux déjeuners, goûters et dîners.



En dessous, un cottage au bord d'un petit étang et qui est loué comme chambre d'hôte et dont Rebeka s'occupe quand elle n'est pas aux fourneaux. Le cottage est occupé 5 à 10 nuits par mois, mais Rebeka pense à augmenter la fréquentation d'ici à l'été prochain. 


A coté du cottage se trouve le "loft", une grange dont le premier étage a été aménagé en un grand loft avec cuisine, salle de bain et chambres pour accueillir les wwoofers et l'équipe des Latviens, Raitis et Raymonds, qui ont commencé comme wwoofers et n'ont jamais quitté la ferme. Comme Rick et moi sommes un couple et que nous sommes très chanceux, Alain et Rebeka ont eu la gentillesse de nous mettre dans la "garden house", petite maison à colombage qui se trouve en face du potager. La maison était avant habitée par un couple qui travaillait sur la ferme, mais depuis leur départ, la maison a été un peu laissée à l'abandon. Rick est donc arrivé juste à point pour commencer les travaux de rénovation ! Il a commencé avec un peu de peinture puis s'est attaqué au sol, où il a posé du carrelage dans une grande partie de la maison ! Pour une grande partie de notre séjour aux Costils, nous étions tous seuls dans la garden house, nous avions donc notre propre petite maison !!

En face de la garden house se trouve le potager, où l'aide des wwoofers est toujours la bienvenue. Entre le désherbage, les semis, les transplantations, il y a toujours quelques chose à faire dans le potager et j'y ai appris pas mal de choses ! La majeure partie de ce que nous mangeons aux Costils vient du jardin ou des pâturages, parfois de chez les voisins, mais toujours très local.

J'ai aussi passé pas mal de temps à la laiterie où j'ai pu me familiariser avec les 35 vaches qui nous donnent du lait matin et soir. Alain m'a gentiment pris sous son aile pour me dévoiler tous les secrets des vaches, le plus grand étant que les vaches sont super câlines et plus tu leur donne d'amour, plus elles te donnent du lait !!
Donc en plus des légumes du jardin, des fruits du verger et des oeufs du poulailler, tous les jours on a une bouteille de lait frais et super crémeux. Une fois par semaine, l'un des voisins fromager vient  à la ferme pour un atelier fabrication de fromage, pour l'instant, de la tomme de vache !

Pendant notre temps libre, nous essayons d'aller courir (un peu) ou nous ballader sur les petits sentiers du coin. Nous avons aussi la chance de pouvoir profiter du savoir faire des latviens Raitis et Raimonds qui semblent savoir tout faire et tout construire : outre les délicieux mets de Raimonds (paté de fois, terrine de cochon, succulent barbecue de cotes de porc marinées), ils nous ont également construits un sauna à la latvienne dans le pré en dessous de la ferme. Ils font brûler un feu sous un dôme de pierre pendant toute une journée, montent une tente avec structure en bois et bâche en plastique, et arrosent le feu d'une marinade d'eau et de branches de pins. Une vingtaine de minutes dans le sauna, puis on va se rafraîchir par un rapide un saut dans l'étang (l'eau est plutôt fraiche) avant de retourner dans le sauna, jusqu'à épuisement des forces... Bonne nuit de sommeil assurée !

Rebeka nous concocte quotidiennement de succulents repas, qu'elle prépare toujours avec des fruits et légumes locaux et de saison. Le lait, les oeufs et la viande viennent bien sûr de la ferme. Quand les fruits et légumes ne viennent pas du potager, ils viennent du marché bio, où elle les achète à un maraîcher local. Le fromage est fait sur place ou vient de la ferme de Lucile, à quelques kilomètres. Quant au reste des aliments (farine, riz, pates, etc...), elle achète tout en gros auprès d'une co-op d'aliments bio. Elle n'achète aucun aliment conditionné et se tient le plus possible à l'écart du plastique. Bref, tout est local, naturel au possible et sans produits chimiques (comme j'aime). Le bonus : en deux semaines à la ferme, on a rempli l'équivalent d'une petite poubelle de salle de bain de déchets et d'emballages ! En temps normal, on remplit une poubelle de cuisine de grande taille par semaine !


Bref, l'accueil et la gentillesse de Rebeka et Alain, la communauté d'idées avec eux, la présence des animaux, la beauté du site, la garden house, tout n'a pas mis très longtemps à conquérir nos coeurs, et des deux semaines initialement prévues, nous avons rallongé notre séjour de deux semaines supplémentaires, et nous y retournons au mois d'août pour y rester à plus long terme puisque nous avons accepté de travailler aux Costils ! Je serai principalement en charge de la laiterie et aiderai Alain dans la gestion administrative pendant que Rick se consacrera plus à des travaux de rénovation et de gros oeuvre sur la ferme. Notre tour de France des fermes Wwoffeuses va donc être un peu raccourci, et se limiter pour le moment à l'est (Franche-Comté et les Vosges) et la Bretagne. Nous allons essayer de profiter un maximum de ces deux mois de balade, mais nous sommes déjà impatients de rentrer aux Costils !!



WWOOF in Normandy - 2

Wednesday, April 18, 2012

La vie de la ferme - 1

Ca y est, nous voilà arrivés dans notre première ferme, à 15km de Lisieux, en Normandie. La ferme d'Esmeralda est une vieille ferme normande traditionnelle tenue par Lucile, avec l'aide de son mari Nicolas (instit) et de leurs enfants Etienne (7 ans et demi) et Hélène (3 ans et demi). La ferme est située sur un terrain vallonné de 15 hectares (ça fait les jambes) et comprend un troupeau de 87 chèvres, quelques vaches laitières, des poules, un chien et un chat (s'est vous dire que Rick est au paradis).

Lundi nous avons passé la journée à nous familiariser avec les lieux et les animaux et une bonne partie de la matinée a été consacrée à promener les chèvres. Mais ne vous y trompez pas, la plupart du temps, s'est plutôt elles qui vous baladent !! Dans cette tâche nous étions aidé par Edwin, le chien de berger. Mais comme le dit si bien Nicolas, contrôler Edwin s'est parfois encore plus de boulot que de contrôler les chèvres ! Et quand t'as enfin réussi à les canaliser pour les faire aller toutes dans le bon sens, le chien s'en mêle et t'as plus qu'à tout recommencer ! Quant à les rentrer dans la chèvrerie, j'en parle même pas... (hop, deux de rentrées ! Merde, en voilà trois qui se sauvent ! Bon, deux de plus dedans. Ah merde, quatre autres qui se font la malle !)

Le lendemain matin, debout à 7h pour aller traire les chèvres (un coup de main à prendre...), puis on aide Nicolas à finir le labo qui va servir à la confection de fromage frais. Déjeuner en famille : Lucile et Nicolas sont de très bon cuistots et tous les produits sont frais et viennent de la ferme, c'est un vrai régal !
L'après midi est libre : internet, tri des photos, lecture, un peu de course à pied. Puis, vers 18h, on va aider Lucile pour rentrer les chèvres dans la chèvrerie, séparer les chevreaux des adultes (sinon pas de lait le lendemain matin) et on va nourrir les chevreaux les plus jeunes au biberon. Les sept bébés chevreaux sont plus qu'enthousiastes quand vient l'heure du bib et il faut les séparer pour pouvoir les nourrir un par un. Malheureusement le huitième petit chevreau, qui n'a que quelques jours, refuse de se nourrir et à part se coucher dans la cheminée encore chaude, il n'a pas beaucoup d'énergie pour faire quoi que ce soit. Lucile dit que malgré tous nos efforts (il est sur mes genoux en ce moment même), il ne passera probablement pas la nuit. La vie de la ferme s'est aussi ça. :-(

Heureusement parfois les bêtes malades se retapent aussi, comme le petit veau d'une semaine qui recommence à prendre du poil de la bête et qui me prend pour sa môman, trop mignon...

Tuesday, April 10, 2012

Doudou est arrivé !... sans s'presser...

Et oui, enfin, après 2 mois de séparation, doudou est arrivé à Paris dimanche matin ! Je profite à fond des quelques heures où il arrive à rester éveillé (décalage horaire quand tu nous tiens...) pour lui faire découvrir les joies de l'administration française : la police municipale (procuration pour le premier tour), l'immigration, la Poste, bref une bonne petite mise dans le bain !

Dès lundi prochain, nous partons pour la Normandie, à coté de Lisieux, pour notre première mission de 10 jours. Notre travail sur place se partagera entre le potager, le soin aux animaux, la rénovation et l'aide à la construction des bâtiments de la ferme (ça va nous rappeler des souvenirs...). La ferme d'Esmeralda élève cochons, chèvres, poules et vaches charolaises et limousines. La vache limousine a fait beaucoup rire Rick et lui a inspiré ce petit montage photo :



Nous rentrerons sur Paris vers le 26 avril, pour le mariage d'un couple d'amis, puis serons là jusqu'à mi mai où nous repartirons en Normandie pour une nouvelle mission dans une autre ferme. J'essaierai de poster régulièrement pour vous raconter un peu ce qu'on fait sur place et vous faire partager nos aventures wwoofiennes.

Un petit rappel pour ceux qui arrivent en cours de route : WWOOF = nom de l'organisation qui regroupe les fermes biologiques pour lesquelles nous allons faire du bénévolat. Ca signifie World Wide Opportunities on Organic Farms. Wwoof France (et oui, l'assoc existe partout dans le monde) regroupe plus de 600 fermes à travers le pays. La contrat est plus ou moins le même avec toutes les fermes : les bénévoles travaillent sur la ferme 5 à 6 heures par jour, 5 jours par semaine, en échange du gîte et du couvert. Le "gîte" peut être une chambre d'ami chez l'habitant, une partie du corps de ferme spécialement aménagé pour les wwoofeurs (semble être le cas le plus courant), et pour les wwoofeurs les plus à fond, parfois une yourte (oui oui, une yourte) ou un éco-bâtiment en pisé ou assimilé (bon d'accord, mais alors uniquement en été pour moi svp !). Les repas du midi et du soir sont partagés avec les hôtes, qui vous donnent des paniers repas pour le weekend (histoire d'avoir un peu d'intimité, pour eux comme pour nous !). Voilà pour le principe de base, je vous raconterai tout ça plus en détails dès que nous y serons ! On a hâte !

Wednesday, February 29, 2012

Retour au bercail

Pour tous ceux qui auraient pas tout suivi (et y'en a...), voici une petite mise à jour; je suis rentrée en France depuis deux semaines, pour le moment sans Rick qui est toujours en Pennsylvanie pour terminer la maison qu'on vient d'acheter. Il devrait arriver fin mars  début avril. En attendant j'ai retrouvé quelques petites missions d'intérim sur Paris, histoire d'avoir quelque chose à faire et de compenser un peu le coût de la vie ici (!!!).

Quand Rick va arriver, on va passer quelques semaines en région parisienne pour régler un peu de paperasse (immigration, sécu, etc...) et acheter une voiture, et puis on trace ! On a trouvé une association (WWOOF - WorldWide Opportunities on Organic Farms) qui met en relation des fermes biologiques (650 en France) avec des bénévoles (nous). En échange de 5 à 6 heures de travail par jour, les fermes te donnent le gîte et le couvert. L'idée est de trouver 8 à 10 missions (la durée des missions varient de 2 à plusieurs semaines) dans différents coins de France pour pouvoir se balader un peu et faire découvrir notre beau pays à mon chéri (et aussi de lui faire passer un an au milieu de familles françaises - immersion totale - pour qu'il apprenne enfin le français !). Et oui, vous avez bien lu, le plan est de rester un an en France ! Pas d'excuse cette fois-ci donc, on veut voir tout le monde !