Sunday, March 17, 2013

Dis Fanfan, pourquoi tu cours ??


Voilà donc une excellente question... Si vous me l'aviez posée il y a six mois, quand il faisait beau, chaud et que les oiseaux chantaient, je n'aurais eu aucun mal à vous répondre... Mais très honnêtement, dernièrement, je ne sais plus très bien. Il parait que c'est normal, et que la plupart des coureurs, après plusieurs mois d'entrainements, ont tous cette espèce de ras le bol. Il faut dire que le marathon de Paris (car c'est pour ça qu'on s'entraine en ce moment) est un marathon difficile, et pour une raison très simple : c'est un marathon de printemps, donc l'entrainement se fait durant l'hiver. Et l'entrainement, c'est 3 à 4 sorties par semaines, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, pendant 3 à 4 mois. Et au début de l'entrainement, c'est des petites distances, donc ça va, mais plus on se rapproche de la course, plus les distances sont allongées, jusqu'à des sorties de 2h30 - 3h dans les quelques semaines qui précèdent la course, c'est à dire maintenant. Les sorties longues en soit c'est pas l'enfer, mais quand il fait 2 degrés, c'est vraiment pas très drôle; on doit se bibendum-iser sous des tas de couches de vêtements, gants, bonnets, etc, mais dès qu'on commence à courir, au bout de 5 minutes, on crève de chaud... Mais surtout, quand on arrive à des sorties longues de plusieurs heures, et bein ça vous prend pratiquement toute la journée : on peut pas courir à jeun pour ce genre de distance, donc il faut manger avant de courir; mais on ne peut pas non plus courir tout de suite après avoir mangé (sinon bonjour les points de coté), donc on doit attendre quelques heures. Donc en général, on part courir vers 12h -12h30. Le temps de se préparer et d'aller sur les bords de Marne, il est déjà 13h. 2h30 de course plus tard, retour au point de départ, mais il faut marcher un peu pour se détendre les muscles, puis faire quelques étirements (enfin seulement si on veut être en mesure de pouvoir marcher le lendemain). On reprend la voiture, il est 16h passées. On rentre, on se douche, on mange, et bam, il est 17h. Et là, en admettant qu'il nous reste un tout petit peu d'énergie pour faire une activité qui nécessite d'être debout (ce qui n'est généralement pas le cas, je vous rassure...), la nuit commence à tomber, il commence à faire froid, et c'est dimanche soir, enfin vous voyez quoi. Et ça c'est seulement le weekend. La semaine, il faut trouver deux ou trois soirs après le boulot pour aller courir 40 à 50 min dans le froid et surtout la nuit. Et  quand on doit refuser une invitation "ah non désolée, demain je peux pas, je cours", ça fait un peu comme avoir piscine... ;-)

Sauf que vraiment maintenant je peux plus rater une seule sortie. J'ai déjà raté pas mal de sorties à cause d'une douleur dans la fesse qui me lâche pas et je suis super à la bourre dans mon programme. Cet après midi je suis sortie pour 24km, alors qu'à ce stade de l'entrainement, je devrais courir entre 29 et 32km.  L'autre problème c'est que j'ai eu beaucoup de mal à me re-motiver après le semi-marathon en novembre (je vous l'avais pas dit, en novembre on a couru le semi-marathon de Normandie ? Mais si je vous l'ai dit, c'est vous qui écoutez pas... ;-) Bref, pour mon premier semi, ce fut une course très difficile à cause du vent très fort qu'on a eu de face pendant toute la course. Du coup j'ai finit en 2h12 alors que j'espérais finir en moins de deux heures. Du coup ça m'a carrément démotivé. Et dans ce genre de préparation, ce qui joue un rôle encore plus important que l'entrainement physique, c'est le mental. Déjà pour aller courir quand il faut, même si on est fatigué, qu'il pleut ou toute autre excuse qu'on peut trouver, mais aussi pour pas abandonner en cours de route, surtout sur les sorties longues... Au bout d'un moment, quand les réserves de sucre du corps arrivent à épuisement, le corps doit taper dans d'autres réserves et ça envoie des signaux au cerveau, et c'est en général à ce moment là qu'on rencontre ce que les coureurs appellent "le mur". C'est physique, mental, c'est tout à la fois, et on ressent comme un élastique qui nous tire vers l'arrière, pendant qu'une petite voix dans notre tête nous répète "c'est trop dur, t'as qu'à juste t'arrêter de courir et ça ira mieux... Pourquoi continuer, tu te fais du mal !". Heureusement, le mur ne dure pas longtemps, et rapidement, on retrouve un deuxième souffle. Jusqu'au prochain mur.

Heureusement, l'entrainement c'est la partie difficile, et le jour de la course arrive enfin. En ce qui me concerne, le jour J ça va être un peu de course et beaucoup de marche et mon but sera de passer la ligne d'arrivée. Et surtout profiter, parce qu'un marathon, c'est quand même un peu la fête, tout le monde (40,000 personnes pour le marathon de Paris, ça en fait du monde !) est super excité, il y a des spectateurs, des groupes de musiques, des beaux monuments, et, vers la fin du parcours du marathon de Paris, plein de stands de fromage / charcuterie / pinard pour les coureurs qui ont pu arriver si loin (je rappelle pour info qu'un marathon, c'est 42 km), et enfin, après environ 5h30 de course en ce qui me concerne et 4h30 pour Rick, la ligne d'arrivée, le repas chaud et la joie d'avoir fini son premier marathon... Mais certainement pas le dernier, et on pense déjà à s'inscrire pour le marathon de Washington en octobre ! Bref, un marathon, oui, mais un marathon de printemps, plus jamais !

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